Politiques publiques d’alphabétisation

Politiques publiques d’alphabétisation

 Les données de l’état des lieux 2007 portent sur l’année
2005, 2006 ou l’année académique 2005-2006.
Les informations reprises dans ce chapitre ne concernent
que les administrations membres du Comité de pilotage,
composé de trois administrations par entités fédérées. Cette
composition ne recouvre pas l’entièreté des pouvoirs publics
intervenant dans le champ de l’alphabétisation en Communauté française Wallonie-Bruxelles.
LE VOLET FORMATION D’APPRENANT-E-S
Disposant des rapports d’activités des organismes subventionnés dès la fin du mois de mars 2007, plusieurs administrations sont  en mesure de fournir les données pour l’année
civile 2006 : le Forem - Conseil, le secteur formation professionnelle de la COCOF, le service cohésion sociale de la
COCOF, Bruxelles Formation, la Direction générale de
l’action sociale et de la santé de la Région wallonne (qui
fournit également les données 2005).
Trois administrations, le service de l’éducation permanente
de la Communauté française, la Direction de l’égalité des
chances de cette entité et la Direction générale de l’emploi et
de l’économie (Région wallonne) ont pu fournir les données
relatives à 2005 car les organismes subventionnés ne sont pas
tenus de déposer leurs rapports d’activités de l’année écoulée
au cours du premier trimestre de l’année suivante.
La Direction de l’enseignement de promotion sociale, administration relevant de la Communauté française dispose
d’informations sur la périodicité scolaire de par la nature
même des activités des écoles.

Cette remarque préliminaire montre bien l’importance de
pouvoir davantage coordonner le processus de récolte et
de traitement des données.
Il faut rappeler que ce chapitre ne balaie pas l’ensemble
des politiques en matière d’alphabétisation. En effet ne sont
pas couvertes les politiques au niveau local et provincial et
les politiques connexes, notamment liées à l’emploi, telles
que celles menées par l’Orbem ou le pouvoir fédéral.
Il est aussi important de souligner que le système de collecte
des données n’étant pas unifié, il a été impossible d’obtenir
toutes les données précises sur tous les points retenus pour
l’année de référence. Chaque administration a transmis les
informations dont elle disposait.
Durant l’année 2006-2007, le Comité de pilotage a entrepris un inventaire des questions pertinentes à traiter en vue
de constituer un questionnaire idéal, harmonisé et d’en
examiner l’applicabilité. Etant donné la complexité de l’opé-
ration, une évaluation de la faisabilité et du coût d’une
enquête unifiée est à l’étude.
Le présent état des lieux se base donc sur les données disponibles. Les tableaux repris dans ce chapitre permettent de
visualiser les réalisations de chacune des administrations
en matière d’alphabétisation en se basant notamment :
- sur les budgets présentés en lien avec les textes législatifs
- les conditions d’accès ou de profils spécifiques à chaque
secteur de subventionnement
- le volume d’activités
- le nombre d’organismes subventionnés
- le nombre de bénéficiaires touchés.

4.1 LES TABLEAUX SYNOPTIQUES PRÉSENTANT LES POLITIQUES DES ADMINISTRATIONS MEMBRES DU COMITÉ DE PILOTAGE

4.1.1 Quelques précisions sur les données reprises

Afin de permettre de visibiliser une évolution des politiques
menées par les différents secteurs,  les données publiées
dans l’état des lieux 2006 sont reprises en regard de celles
collectées pour le présent exercice. L’adoption d’un code de
couleurs facilite la lecture comparative des tableaux :
- les données 2004-2005 fournies pour l’état des lieux
2006 sont en bleu
- les données 2005-2006 fournies pour l’état des lieux
2007 sont en rouge
- les données communes aux deux états des lieux sont
reprises en noir
Les données recueillies portent sur les champs suivants :
1) LE CADRE RÉGLEMENTAIRE ET LÉGISLATIF
Il s’agit :
- de législations, réglementations et textes administratifs
(décrets, arrêtés et circulaires ministérielles) permettant
de soutenir des actions en matière d’alphabétisation de
manière récurrente
- de conventions, de réglementations et d’appels à projets
permettant de soutenir des actions exceptionnelles ou
spécifiques de manière plus limitée dans le temps.
2) LE BUDGET
Il s’agit :
- d’identifier les moyens affectés à l’action d’alphabétisation

- de pondérer ces moyens par rapport au budget global du
secteur
- de relier ces moyens à un cadre réglementaire
Dans certains cas, il est difficile de calculer la part budgétaire
exclusivement consacrée à l’alphabétisation car la législation
identifiée recouvre un subventionnement portant sur des
actions non exclusivement centrées sur l’alphabétisation.
3) LES CONDITIONS D’ACCÈS ET/OU DE PROFILS DES PUBLICS
- Certaines réglementations définissent :
- le profil des publics « subventionnables »
- les conditions d’accès aux formations ou actions
subventionnées
- D’autres réglementations ne définissent :
- aucune condition d’accès
- aucun profil de publics
4) LES TYPES D’ACTION
Les actions financées par les différentes administrations
peuvent revêtir différentes formes, notamment :
- la formation des publics d’apprenant-e-s
- la formation interne ou externe des formateurs-trices
- l’action sociale (actions de cohésion sociale et d’intégration des immigrés)
- la détection
- la sensibilisation
- l’animation de type socioculturel et socioartistique
- l’accueil et l’orientation
- la coordination d’un réseau
- la création et la gestion d’un centre de documentation
- la réalisation d’outils pédagogiques
- l’édition de publications
… -
5) LE VOLUME D’ACTIVITÉS
Une unité de mesure commune a été adoptée :
Nombre d’heures/ participant-e-s /an
Cependant, le calcul n’est pas réalisable par certaines administrations qui ne disposent pas de données sur le nombre
d’heures subventionnées et/ou sur le nombre de bénéficiaires pour l’exercice 2005-2006.
6) LE NOMBRE D’ORGANISMES
Il faut distinguer :
- les organismes spécialisés en alphabétisation qui mènent
toutes leurs actions dans ce domaine
- les organismes non spécialisés et qui n’ont qu’une partie
de leur action liée à l’alphabétisation
7) LE NOMBRE DE BÉNÉFICIAIRES
Selon le type d’action, les bénéficiaires varient.
En matière de formation, il est possible de distinguer deux
types de bénéficiaires :
- soit les apprenant-e-s (ou participant-e-s ou stagiaires ou
élèves)
- soit des formateurs-trices (ou intervenant-e-s au sens
large ou élèves en promotion sociale)
Le vocabulaire utilisé pour désigner les bénéficiaires des
formations varie selon les administrations. Cette distinction
d’appellation correspond à une approche spécifique du
public propre à chaque secteur :
- l’enseignement de promotion sociale utilise le terme
« élève »
- le secteur ISP utilise le terme « stagiaire »

- les secteurs de l’éducation permanente et de l’action
sociale utilisent les termes « apprenant-e » ou « participant-e »
Il faut distinguer trois types de situation :
- les administrations qui récoltent des chiffres précis sur le
nombre de bénéficiaires de l’action soutenue
- les administrations qui ne sont pas en mesure de fournir
de chiffres précis de par la nature de l’action subventionnée,
- les administrations qui ne sont pas en mesure de fournir
des chiffres précis compte tenu de l’action non exclusive
de l’organisme subventionné (si une action est menée à
l’égard de différents publics, il est parfois difficile de
connaître la part exacte du public touché par l’action en
matière d’alphabétisation).
8) LE VOLUME DE PERSONNEL SUBVENTIONNÉ
Le critère choisi est le nombre de travailleur-euse-s en équivalents temps plein.
Il faut distinguer trois situations :
- les administrations susceptibles de fournir des données
précises du personnel affecté aux actions d’alphabétisation
- les administrations ne pouvant fournir qu’une estimation du personnel affecté à l’alphabétisation, les organismes ne se consacrant pas exclusivement à l’alphabétisation
- les administrations ne pouvant fournir que des données partielles pour les seuls organismes spécialisés en
alphabétisation et ne pouvant dégager la part de l’emploi consacré à l’alphabétisation pour les organismes
non spécialisés

4.1.2 Tableaux synthétiques :
Aperçu comparatif des données communiquées
par les administrations en matière
d’alphabétisation

 4.2 ÉVOLUTION DES RÉGLEMENTATIONS

 L’état des lieux 2006 qui portait sur les données 2004-
2005, reprenait en détail et commentait chacune des législations en vigueur reprises dans le tableau synthétique des
données concernant chacune des administrations.
Pour l’édition 2007, les explications relatives aux textes
législatifs et réglementaires déjà d’application l’an dernier
n’ont pas été reprises. Sont mentionnées ici les informations concernant les nouvelles législations et réglementations entrées en vigueur ou relatives aux données fournies
dans cette édition. Pour les textes  de référence qui n’ont
pas changé (repris en noir dans les tableaux), on se reportera à l’état des lieux 2006 pour obtenir davantage de
détails.
Ainsi, l’enseignement de promotion sociale a fourni les
données relatives à une nouvelle section  ouverte aux formateurs en alphabétisation, mais a également repris les modules de formation concernant la formation de base et l’obtention du CEB. D’autres secteurs font le point sur des législations nouvellement d’application ou sur le point d’entrer en
vigueur. D’autres encore dressent un premier bilan de la
mise en œuvre d’un nouveau texte et de son impact sur le
secteur de l’alphabétisation. C’est le cas du secteur de l’éducation permanente.

 

4.2.1 La Commission communautaire française de
la Région Bruxelles-Capital

4.2.1.1 RÉFLEXION SUR LA MISE EN ŒUVRE DU DÉCRET DU
27/04/1995
La mise en œuvre de l’arrêté d’application du décret du 27
avril 1995, communément appelé « arrêté non-marchand »
a mis en évidence une série de questions qui méritent d’être
analysées dans le contexte de la politique générale de l’alphabétisation. Les constats sont faits à partir de la situation spé-
cifique bruxelloise mais la réflexion peut être élargie, pour
certains points en tous cas, à l’ensemble des apprenant-e-s
de la Communauté française.
L’analyse plus fine du dispositif bruxellois, induite par les
procédures d’analyse mises en œuvre suite à l’application de
l’accord non-marchand, met en évidence plusieurs questions.
1. Qualifications et modules d’alphabétisation
La question des qualifications maximum au début de l’activité est l’une de celles qui posent problème. Le décret du
27/4/1995, mis en application par l’arrêté 2001/549, limite
l’accès aux formations d’alpha aux « personnes qui ne sont
pas détentrices, au début de l’activité, du certificat d’étude
de base (CEB) décerné par le Ministère de la Communauté française ou de tout autre diplôme équivalent »,
alors que la règle générale réserve l’accès au dispositif à
toute personne ne détenant pas le CESS ou tout diplôme
équivalent
1
 .

Or, les opérateurs d’alpha mettent en évidence que nombre
de personnes qui détiennent ce CEB, ont, pour diverses raisons, perdu la maîtrise des savoirs de base et ne sont donc en
fait plus en mesure d’utiliser ces connaissances supposées.
C’est d’ailleurs l’une des questions qui ont donné lieu à
des discussions dans le cadre du groupe « méthodologie »
du Comité de pilotage. Tenant compte de l’importance de
cette question, ce dernier propose d’inclure, dans la définition de l’alphabétisation sur laquelle se construit l’état des
lieux, les actions menées par des opérateurs d’alpha au béné-
fice du public n’ayant pas le CEB ou ne maîtrisant pas les
compétences correspondantes au CEB (alpha écrit ou alpha
FLE), mais aussi les actions de formation de base ou de FLE
de base qui concernent le public qui a le CEB ou les compétences correspondantes, mais pas de diplôme au-delà.
2. Le contenu des formations d’alpha
La définition de l’alpha retenue dans l’état des lieux se
limite à la connaissance du français, alors que nombre de
modules d’alpha mis en œuvre par les opérateurs bruxellois
offrent également un rappel des connaissances de base en
maths et calcul et une formation dans ces domaines. Les
opérateurs estiment en effet qu’une connaissance de base du
calcul est quasi aussi essentielle que la maîtrise de la langue
française pour « communiquer » et qu’elle est complé-
mentaire à l’alphabétisation, pour donner aux apprenant-e-s
tous les moyens de participer de manière pleine et entière à
la vie sociale, et, par là-même, un maximum de chances de
se réinsérer rapidement dans la vie professionnelle. Cet avis
est conforté par les objectifs opérationnels inclus dans le
cahier des charges « alphabétisation » de Bruxelles Formation, qui parlent « d’acquérir la capacité de lire et écrire en
français et de calculer » et « d’acquérir les prérequis pour
poursuivre le parcours d’ISP ». Parcours qui comprendra, la
plupart du temps, une partie de formation de calcul et de
mathématiques. 
3. la place de l’alpha dans l’organisation des filières
Le dispositif prévoit que les modules de formation, depuis
le début du parcours du stagiaire, et jusqu’à son accès à un
emploi rémunéré, s’organisent en filières avec des passerelles entre modules et souvent entre opérateurs (rares sont en
effet les opérateurs qui organisent seuls l’ensemble d’une
filière de formation).
La pratique de la COCOF en termes d’évaluation et d’analyse du fonctionnement du dispositif d’insertion, faite en
concertation avec les opérateurs agréés, met en évidence
certaines incohérences et contradictions entre le  dispositif
tel qu’il est prévu dans le décret, et tel qu’il est mis en
œuvre par le biais des cahiers de charges de Bruxelles Formation.
Deux questions se posent :
- celle de la logique des qualifications maximales et des
conséquences qu’elles ont sur l’organisation du parcours
d’insertion
- celle de l’objectif général des formations, dans la perspective de l’insertion professionnelle des peu qualifiés.
Qualifications maximales
Les modules d’alphabétisation sont réservés aux personnes
ne disposant pas du CEB. Les étapes ultérieures logiques du
parcours sont soit des formations de base, soit des préformations, pour lesquelles les qualifications  maximales sont,
selon les cahiers des charges de Bruxelles Formation
2
 ,
- n’avoir pas atteint le CESI pour les formations de base,
- n’avoir pas atteint le CESS pour les préformations

Ces qualifications sont des niveaux à ne pas dépasser. Rien
n’empêche donc un stagiaire peu qualifié d’y avoir accès.
Toutefois, les exigences de résultats souvent attendues des
opérateurs amènent nombre d’entre eux, lorsqu’ils proposent des formations de base et des préformations, à opérer
une sélection parmi les candidats, au bénéfice de ceux qui
sont le plus susceptibles de répondre aux prérequis exigés
pour l’étape suivante du parcours, la formation qualifiante,
ou le plus susceptibles d’accéder à l’emploi. Tant que les critères d’évaluation des modules ne sont pas affinés, et que la
clarté n’a pas été faite sur le poids de l’accès à l’emploi dans
l’évaluation du dispositif d’insertion, la sélection des stagiaires se fait donc souvent  au bénéfice de ceux qui sont juste
en dessous de la qualification maximale. Cela n’est pas dans
l’esprit du décret, qui est de donner un maximum de chances d’accès à l’emploi aux moins qualifiés, à celles et ceux
qui, pour diverses raisons,  sont « le plus loin du marché de
l’emploi ».
Objectif général des formations
Le seul objectif fixé par le décret et par le cahier des charges
à l’« alphabétisation » est l’accès à un autre module de formation. En effet, ni le décret, ni le cahier des charges, ne
prévoient, pour les stagiaires participant à un module d’alpha, une possibilité d’accès direct à l’emploi rémunéré. L’alpha n’est considérée que comme une porte d’entrée au dispositif. 
Pourtant, l’objectif du décret est bien « d’accroître les chances (…)  de trouver ou de retrouver un emploi »  et il vise
donc autant l’insertion professionnelle que sociale.
Dans la mesure où les personnes titulaires du CEB, qui
repassent par des modules d’alpha en raison de leur perte de
maîtrise de ces matières sont souvent, pour des raisons économiques, à la recherche rapide d’un emploi, il  nous semble que les modules conventionnés en application de ce
décret devraient tenir compte de cette situation et accepter
clairement, dans leurs objectifs généraux, l’accès direct à
un emploi  rémunéré, à tout le moins pour ces stagiaires-là.
Dans la perspective d’une réflexion générale sur le sujet de
l’insertion professionnelle des peu qualifiés, la question
peut être élargie aux objectifs fixés par le décret et les cahiers
des charges, aux formations de base ou préformations,
lorsqu’on examine leur objectif général respectif. Le décret
précise que les formations de base préqualifiantes ouvrent
l’accès à « l’exercice d’un emploi ou à la poursuite d’une
formation professionnelle qualifiante ». Par contre, aucun
des cahiers des charges de la formation de base ou de la pré-
formation ne prévoit d’autre objectif que la poursuite d’une
formation. On parle de « poursuivre le parcours de formation » dans le cahier des charges de la formation de base et
de « l’entrée en formation qualifiante » dans celui de la
préformation.
Cette question mérite d’être approfondie pour les opérateurs d’alpha, et la position qui découlera de son analyse
devrait pouvoir être élargie au dispositif entier car la question de l’accès à l’emploi des peu qualifiés n’est pas limitée
aux seuls stagiaires suivant des modules d’alpha. 

4.2.1.2 COHÉSION SOCIALE : OBJECTIFS DU QUINQUENNAT 2006-
2010

 Objectifs prioritaires de la cohésion sociale
Le Collège de la COCOF fixe tous les cinq ans les objectifs
prioritaires à atteindre. Voici les thématiques prioritaires
choisies pour ce premier quinquennat 2006-2010 :
1. Le soutien et l’accompagnement scolaires : dans une
dynamique de complémentarité avec les écoles et en
lien permanent avec le milieu de vie de l’enfant ; en matière de soutien scolaire, un accent particulier doit
être porté sur les aides spécifiques aux adolescents.
2. L’alphabétisation, la lutte contre la fracture numérique,
l’accès aux nouvelles technologies de la communication.
3. L’accueil des primo-arrivant-e-s : cet accueil visera la
globalité de la problématique de l’accueil et du nécessaire travail en réseau avec des opérateurs compétents en
matière d’aide sociale, d’accueil de l’enfance, de logement, de santé… ; une attention particulière sera portée aux actions visant à l’apprentissage du français langue étrangère.
4. Le vieillissement des populations fera l’objet d’une
attention particulière ; les actions intergénérationnelles
seront privilégiées.
5. La problématique du genre et plus particulièrement de
la mixité, de l’émancipation et de l’égalité hommes -
femmes.
Des contrats communaux…
La COCOF développe des programmes menés avec les
communes (via le contrat communal de cohésion sociale) et
des associations qui agissent dans les quartiers défavorisés.
Ainsi treize communes ont été retenues sur base d’indices
socio-économiques des communes et des difficultés sociales
rencontrées par leur population. Il s’agit des communes
suivantes : Anderlecht, Auderghem, Bruxelles-Ville, Etterbeek, Evere, Forest, Ixelles, Jette, Koekelberg, Molenbeeksaint-Jean, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek.
Afin de garantir la bonne exécution des contrats communaux de cohésion sociale, une coordination locale est mise
en place par commune éligible. La coordination locale est
chargée d’organiser la coordination des projets, de les
accompagner et de les évaluer.
La coordination locale organise une concertation qui réunit
tous les acteurs locaux de la cohésion sociale. Elle vise à permettre une meilleure information de ceux-ci, le développement de collaborations entre associations et la recherche
d’une cohérence entre les actions.
Pour information, en 2006, près de 270 asbl ont été retenues. Elles proposent diverses actions pouvant être regroupées en 15 catégories : Accueil de l’enfance, Accueil socio
juridique, Permanence sociale, Actions socioculturelles,
Alphabétisation / FLE, Animations citoyennes, Animations
plurielles, Animations sportives à des fins de cohésion
sociale, Fête de quartier, Lutte contre la fracture numérique,
Médiation scolaire, Publication, Services aux associations,
Soutien scolaire, Travail de rue à des fins de cohésion
sociale, Hors catégories.
Des contrats régionaux …
A côté des treize contrats communaux, la COCOF attribue
une subvention directe à une cinquantaine de projets régionaux. Il s’agit de projets de portée régionale ou intercommunale et/ou de projets non retenus dans un contrat communal.
Du Centre Régional d’appui en Cohésion sociale …
Le décret du 13 mai 2004 relatif à la Cohésion sociale a
désigné le Centre Bruxellois d’Action Interculturelle (CBAI)
pour mener à bien la mission de Centre Régional d’appui
en cohésion sociale (CRACS), en guise d’accompagnement
de ce nouveau décret. Le CRACS est chargé d’élaborer un
rapport annuel sur l’application du décret dans l’ensemble  de la Région, et de proposer au Collège des orientations
nouvelles pour cette politique. Il a, par ailleurs, pour mission la conception d’outils méthodologiques en collaboration avec la COCOF et les coordinations locales. Le
CRACS organise également des rencontres de réflexion
avec les coordinations locales et la circulation de l’information au sein du secteur de la Cohésion sociale. Dans le
cadre de sa mission de diffusion de l’information auprès des
acteurs de la Cohésion sociale, le CRACS a réalisé et édité
le répertoire des projets en Cohésion sociale.
Un outil du CRACS au service de la Cohésion sociale : «Cohé-
sion sociale - Répertoire des projets en région bruxelloise»
Ce répertoire a pour objectif de permettre une première vue
d’ensemble du secteur de la Cohésion sociale, qui regroupe
plus de 300 associations agissant aux niveaux communal,
intercommunal et régional. Il servira d’outil aux coordinations locales, aux associations et aux intervenants sociaux
afin de leur fournir de l’information sur le type de projets et
d’actions développés sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. Il a également pour ambition de permettre la
création de synergies et de partenariats entre acteurs de la
cohésion sociale de différentes communes.
La mise en ligne prochaine des informations recensées dans
ce répertoire permettra leur actualisation rapide.
Ce répertoire est disponible au CRACS c/o CBAI – avenue
de Stalingrad à 1000 Bruxelles – tél : 02 289 70 50 –
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. – www.cbai.be
4.2.2 La Région wallonne
4.2.2.1 AGRÉMENT ET SUBVENTIONNEMENT DES ORGANISMES
D’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE EN RÉGION WALLONNE
Références légales
Décret du 1
er
avril 2004 relatif à l’agrément et au subventionnement des organismes d’insertion socioprofessionnelle
– OISP et des entreprises de formation par le travail – EFT
(M.B. 01.06.2004)
Arrêté du Gouvernement wallon du 21 décembre 2006
portant exécution du décret du 1
er
avril 2004 (M.B.
16.03.2007)
Description
Les objectifs du décret du 1
er
avril 2004 visent à promouvoir la formation et l’insertion socioprofessionnelle des
demandeurs-euses d’emploi faiblement scolarisé-e-s au sein
d’organismes (OISP ou EFT) qui sont portés par des ASBL
ou des CPAS.
Pour augmenter ou améliorer les chances d’insertion et
optimaliser les trajectoires des demandeurs-euses d’emploi, les organismes agréés sont amenés à développer des
actions coordonnées de formation.  Celles-ci doivent permettre aux demandeur-euse-s d’emploi, au moyen d’une
pédagogie adaptée, d’acquérir un maximum de compétences leur garantissant un accès durable au marché de l’emploi.
Sont considérées comme bénéficiaires principaux les personnes admises comme stagiaires :
- Dans un OISP, les demandeurs-euses d’emploi inoccupé-e-s, n’étant plus soumis-es à l’obligation scolaire et
ne disposant pas d’un certificat de l’enseignement secondaire supérieur ;
- Dans une EFT, les demandeurs-euses d’emploi inoccupé-e-s, n’étant plus soumis-e-s à l’obligation scolaire et
ne disposant pas d’un diplôme du deuxième cycle del’enseignement secondaire ou d’un certificat de l’enseignement secondaire inférieur.
Peuvent également bénéficier de la mesure les personnes
admises comme stagiaires dans un OISP ou une EFT
répondant à l’une des conditions suivantes :
- Être inscrites au Forem, depuis au moins 24 mois, en
tant que demandeurs-euses d’emploi inoccupé-e-s ;
- Être demandeurs-euses d’emploi réintégrant le marché
du travail ;
- Être incarcérées ou internées susceptibles, dans les 2
ans, d’être libérées, en régime de semi-liberté ou en
régime de liberté conditionnelle, d’un établissement
pénitentiaire ou d’un institut de défense sociale ;
- Être considérées comme personnes étrangères séjournant légalement sur le territoire belge, y compris dans le
cadre des recours prévus par la loi du 15 décembre
1980.
En vue de leur agrément, les OISP
3
s’engagent à accueillir
gratuitement des stagiaires en formation, à délivrer annuellement 8000 heures de formation et à accueillir un minimum de 6 stagiaires par filière de formation
4
 .
Les formations, organisées dans les filières telles que, par
exemple, l’alphabétisation, la remise à niveau, les travaux de
bureau et de secrétariat combinent formation individualisée
et travail de groupe et comprennent une approche théorique
et des approches concrètes.
L’OISP peut prévoir dans son programme de formation
(maximum 2100 heures par stagiaire) des heures de stages
en entreprises (maximum 240 heures par stagiaire).
Les personnes formées bénéficient également d’un accompagnement psychosocial et d’une évaluation continue.
L’agrément est octroyé, après avis de la Commission, pour
une durée initiale d’un an. Après une évaluation, l’agré-
ment peut être octroyé pour une durée maximale de 3 ans,
renouvelable.
Préalablement à son agrément, chaque organisme doit
conclure une convention de partenariat avec le Forem dans le
cadre du Dispositif intégré d’insertion socioprofessionnelle
(DIISP).
Les OISP sont tenus de respecter, par filière de formation,
un encadrement en personnel (formation et accompagnement psychosocial) de minimum 1 personne pour 12 stagiaires en formation.
Subventions
Les OISP peuvent bénéficier des subventions annuelles suivantes :
- Forfait de 12.500  € lors de l’agrément initial ou de
l’agrément d’une nouvelle filière de formation ;
- Forfait de 12 € par heure de formation et par stagiaire
pour les filières de formation d’alphabétisation, de
remise à niveau et de développement personnel ;
- Forfait de 10 € par heure de formation et par stagiaire
pour toutes les autres filières organisées par les OISP.
En dehors du forfait de 12.500 € octroyé lors de l’agrément
initial ou de l’agrément d’une nouvelle filière de formation, l’EFT bénéficie également, pour toute filière de formation, d’une intervention forfaitaire de 12 € par heure de
formation et par stagiaire.
Selon les cas (2 premières années ou à partir de la 3
ème
année d’agrément), la subvention octroyée est calculée en
fonction, soit du nombre d’heures de formation prestées
chaque année, soit d’un nombre d’heures de formation
garanti pendant 3 ans

 

4.2.2.2 LE DISPOSITIF INTÉGRÉ D’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE (DIISP)

 En avril 2004, le décret relatif au Dispositif intégré d’insertion socioprofessionnelle était publié tandis que son arrêté
d’exécution permettant sa mise en œuvre paraissait en
décembre 2005.
Basé sur le parcours d’insertion, ce dispositif appelé plus
communément le DIISP, doit permettre à un public éloigné
de l’emploi (peu qualifié, peu expérimenté et conjuguant les
difficultés sociales…) de bénéficier d’un accompagnement
soutenu requérant l’intervention de différents acteurs pour
arriver à l’obtention d’un emploi durable et de qualité dans
un délai de deux ans maximum, en ce compris six mois
(maximum) d’accompagnement dans l’emploi.
Ce dispositif nécessite dès lors d’optimiser l’efficacité des
démarches entreprises par la personne, notamment à travers
les moyens suivants :
- identification du profil de la personne par un diagnostic de départ, en corrélation avec les besoins du marché ;
- articulation, mise en filière/passerelle et échanges d’informations utiles entre les différents interlocuteurs
(SPE, opérateurs de formation/insertion, entreprises)
tout au long du parcours de la personne, en vue de
coordonner les actions et de soutenir les transitions ;
- accompagnement renforcé de la personne en lien avec
les différents intervenants (conseiller en accompagnement référent, référent opérateur quand la personne est
en formation, et tuteur en entreprise quand elle est à
l’emploi).
Depuis le lancement opérationnel du DIISP en septembre
dernier, 917 demandeur-euse-s d’emploi ont accédé à ce dispositif en choisissant de signer, avec leur conseiller réfé-
rent, un contrat de soutien à l’emploi intitulé « contrat
crédit-insertion ».
Ce contrat prévoit que les personnes bénéficient d’un
accompagnement renforcé et de l’action articulée des diffé-
rents intervenants : les conseillers aux particuliers, les opé-
rateurs de formation/insertion et les entreprises. Tous se
fixent un objectif emploi dans un délai de deux ans maximum.

 

4.2.3 Communauté française

4.2.3.1 ENSEIGNEMENT DE PROMOTION SOCIALE : LES COURS DE

FORMATION DE BASE ET LE CERTIFICAT D’ÉTUDES DE BAS

 

 Dans l’état des lieux 2006, les données fournies par la
Direction de l’enseignement de promotion sociale portaient
exclusivement sur les quatre unités de formation Alphabé-
tisation et les deux unités FLE débutant.
La mention des sections et unités de formation relatives à la
formation de base résulte de la volonté d’étendre et de compléter les mesures présentées dans l’état des lieux précé-
dent. Suite à l’affinement des critères de la nomenclature, il
a été jugé pertinent de reprendre aussi les informations
relatives aux unités de formation de base et au CEB délivré
par l’enseignement de promotion sociale.

4.2.3.1.1  Les cours de formation de base
Les cours de formation de base sont organisés en 4 unités de
formation, classées dans l’enseignement secondaire infé-
rieur de transition. Trois d’entre elles s’intitulent « formation de base » et totalisent chacune 300 périodes/élève. La
dernière s’intitule « compétences générales de base » et ne
comptabilise que 50 périodes/élève.
Pour être admis au premier niveau de la formation de base
aucune condition pédagogique n’est requise. L’élève doit
être capable de produire et de comprendre des messages
simples (alphabétisation minimale) ainsi que d’identifier
et d’écrire des chiffres 0 à 9.
Pour être admis aux deux unités de formation de base suivantes, il suffit de fournir la preuve de capacités terminales
de l’unité de formation précédente, vérifiées par test ou de
produire l’attestation de réussite de ladite unité.
Pour l’unité “compétences générales de base”, l’admission
implique :
- soit d’être titulaire du CEB
- soit d’être capable de :
- produire et comprendre en français des messages
simples (alphabétisation minimale) ;
- comprendre à la lecture et à l’audition un texte en
langue française du niveau de l’enseignement fondamental (compétence de communication) ;
- effectuer sans assistance technique, dans l’ensemble
des nombres naturels (inférieur à 1000), une addition, une soustraction, une multiplication, une division exacte et contrôler les résultats obtenus (compé-
tence en mathématique)
Ces cours veulent être un outil de formation, de reconversion ou de perfectionnement professionnel. Ils visent à
acquérir progressivement des savoirs, savoirs faire et savoirs
être en mathématique et en français, correspondant à la
fin du cycle primaire (Formation de base niveau 1), aux
deux premières années du secondaire (Formation de base
niveau 2) et à la troisième année du secondaire inférieur
(Formation de base niveau 3). Le dernier module a pour
objectif d’améliorer l’assimilation des compétences acquises
par le biais d’activités appropriées et en mettant en jeu l’interdisciplinarité.
A l’issue de chaque unité de formation réussie, une attestation de réussite est délivrée.
En 2005-2006, 28 U.F. ont été organisées dont 3 en compétences générales de base.
4.2.3.1.2  La section « certificat d’études de base »
La section “Certificat d’études de base”
5
, classée au niveau de
l’enseignement secondaire inférieur comporte 520
périodes/étudiant. Elle est constituée de deux unités de formation:
1) “Certificat d’études de base - Français/Mathématiques”,
classée dans l’enseignement secondaire inférieur, 320
périodes/étudiant ;
2) “Certificat d’études de base – Citoyenneté”, classée dans
l’enseignement secondaire inférieur, 200 périodes/étudiant.
Pour être admis dans chacune des unités, des conditions
spécifiques préalables sont fixées, notamment, en termes
de compétence :

1°) Capacités requises pour l’unité « CEB Français-Mathé-
matiques » :
- Soit fournir une attestation de réussite de l’U.F. Formation de base niveau 1
- Soit être capable de :
- produire et comprendre des messages simples
oraux et écrits (situations de communication
fortement déterminées et liées au vécu, porteuses
d’un nombre limité d’informations dont le vocabulaire est usuel)
- dénombrer et opérer sur des quantités égales ou
inférieures à 100
2°) Capacités requises pour l’unité « CEB-citoyenneté » :
- Soit fournir une attestation de réussite de l’U.F. Formation de base niveau 1
- Soit être capable de :
- produire et comprendre des messages simples oraux
et écrits (situations de communication fortement
déterminées et liées au vécu porteuses d’un nombre
limité d’informations dont le vocabulaire est usuel
- se situer dans le temps en utilisant des repères
usuels (maintenant, après, avant, jour, semaine,
mois, année)
En 2005-2006, 8 U.F. ont été organisées, 5 en Français
Mathématique et 3 en Citoyenneté.
La section vise à permettre à l’étudiant-e d’exercer des compétences transversales, de développer des habiletés sociales et
communicationnelles, de cultiver la curiosité intellectuelle
et de faire preuve de responsabilité, d’acquérir un esprit
critique et des méthodes de travail réflexives, applicables à
des situations concrètes de la vie quotidienne. Il s’agit par
exemple d’apprendre à s’exprimer correctement, à dialoguer, à écouter, à gérer son temps, à se prendre en charge, à
utiliser des outils informatiques…
A l’issue de la formation, l’étudiant qui a satisfait obtient un
“Certificat d’études de base”, correspondant au CEB de
l’enseignement de plein exercice.
4.2.3.2 : ENSEIGNEMENT DE PROMOTION SOCIALE : LA SECTION
« FORMATEUR EN ALPHABÉTISATION »
Les premières unités de formation de la section “Formateur
en alphabétisation”, dont le dossier pédagogique a été
approuvé le 11 avril 2005 par le Gouvernement de la
Communauté française, ont été organisées pour la première fois au cours de l’année scolaire 2005/2006. Cette
section est classée dans l’enseignement supérieur pédagogique de type court de promotion sociale de régime 1, 1620
périodes/étudiant. Elle comptabilise 274 inscrits pour les 5
premières unités de formation organisées en 2005-2006.
L’objectif poursuivi est de disposer d’une formation professionnelle spécifique pour des enseignant-e-s et formateurstrices souhaitant se spécialiser dans la prise en charge de personnes en difficulté face à la langue. Cette section vise à:
“(…) permettre à l’étudiant de mettre en œuvre des programmes d’apprentissages et d’activités destinés à un public
d’adultes analphabètes en se référant à divers outils théoriques relatifs à la pédagogie des adultes et en tenant compte
des spécificités du public concerné ainsi que du cadre institutionnel et organisationnel”.
Pour pouvoir être admis dans cette section, il faut :
- Soit être titulaire du certificat d’enseignement secondaire supérieur
- Soit être capable de :
- résumer les idées essentielles d’un texte en rapport
avec la formation et les critiquer
- produire un message clair et structuré qui exprime
un avis, une prise de position devant un fait, un
événement … ( des documents d’information pouvant être mis à disposition).

Le cursus vise à donner une formation complète et adaptée
à des étudiant-e-s se destinant à enseigner à un public adulte
fragilisé. Le programme de cours  est constitué des unités de
formation suivantes
6
:
- Introduction à la formation d’adultes analphabètes
- Stage d’immersion
- Méthodologie et didactique des apprentissages 1 et 2
- Communication adaptée au contexte professionnel
- Analphabétisme – Alphabétisation
- Communication adaptée aux apprenants en alphabétisation
- Méthodologie et didactique de l’apprentissage de langages spécifiques
- Stage d’insertion
- Ethique et Déontologie
- Aide à l’insertion sociale et culturelle
- Animation des groupes et gestion des conflits
- Construction et évaluation des programmes spécifiques
- Stage d’intégration
- Epreuve intégrée
A l’issue d’un cursus réussi, l’élève obtient un “diplôme de
Formateur en alphabétisation”, spécifique à l’enseignement
supérieur pédagogique de type court et authentifié par la
Communauté française. Ce type de formation est la seule
qui permette une certification officielle.
4.2.3.3 L’IMPACT DU DÉCRET DU 17 JUILLET 2003 SUR LE SECTEUR DE L’ALPHABÉTISATION EN ÉDUCATION PERMANENTE
En Belgique francophone, le secteur de l’éducation permanente (parfois appelée éducation populaire dans d’autres
pays) est intégré dans les compétences de la Direction géné-
rale de la culture, ce qui est une spécificité de la Communauté française. Ceci a pour effet d’affirmer la dimension
culturelle de l’action des organismes reconnus dans ce secteur, notamment ceux qui mènent une action d’alphabétisation, ce qui n’est pas sans effet sur la prise en charge du
public analphabète.
Le décret du 17 juillet 2003
Le décret sur l’action associative dans le champ de l’éducation permanente du 17 juillet 2003 est entré en application
le 1
er
janvier 2004. L’arrêté d’application a été adopté le 28
avril 2004. Un premier train de reconnaissance a pu être
déposé déjà en 2004.
Entre 2004-2007, une période transitoire permet aux associations antérieurement reconnues par le décret de 1976
d’adapter leurs activités aux critères qualitatifs et quantitatifs définis par le nouveau décret et de se préparer à déposer
un dossier de reconnaissance. 
Le décret est également accessible dès 2004 à de nouvelles
associations.
Ce décret modifie profondément le mode et les conditions
de reconnaissance des associations ainsi que le mode de
subventionnement par rapport au décret de 1976, tout en
conservant et développant la notion d’éducation permanente telle que définie en 1976. 
Le décret a pour objet le développement de l’action associative dans le champ de l’éducation permanente visant :
- l’analyse critique de la société
- la stimulation d’initiatives démocratiques et collectives
- le développement de la citoyenneté active
- l’exercice des droits sociaux, culturels, environnementaux et économiques ;

et ce dans une perspective d’émancipation individuelle et
collective des publics en privilégiant la participation de
ceux-ci et l’expression culturelle.
Sur base de l’action qu’elles ont menée au cours de l’année
de référence (année qui précède celle du dépôt du dossier),
les associations postulent à des axes d’actions correspondant
à des catégories de forfaits. Pour les associations antérieurement reconnues par le décret de 76, la reconnaissance pour
une durée indéterminée conduit à la conclusion d’un
contrat-programme d’une durée de 5 ans qui permet aux
associations de développer leurs activités dans les axes et les
catégories de forfaits acceptés pour leur reconnaissance. Au
terme des 5 ans, une procédure d’évaluation de ce contratprogramme permet de procéder à son renouvellement, sa
modification ou de conduire à son non-renouvellement. 
Les associations nouvelles bénéficient d’une reconnaissance à
durée transitoire de deux ans conclue par une convention avant
de pouvoir accéder à une reconnaissance à durée indéterminée.
Les axes d’actions définis par le décret sont les suivants :
- participation, éducation et formation citoyennes (axe 1)
- formation d’animateurs, de formateurs et d’acteurs associatifs (axe 2)
- production de services (axe 3.1)
- production d’analyses et d’études (axe 3.2)
- sensibilisation et information (axe 4)
Plusieurs associations d’alphabétisation antérieurement
reconnues menant exclusivement ou partiellement une
action dans ce domaine ont déposé leur dossier au cours de
la période 2004-2006.
Reconnaissance des trois principaux opérateurs d’alphabétisation en éducation permanente
Suite à l’examen de leur dossier en 2006, les trois grands opé-
rateurs d’alphabétisation menant exclusivement leur action
dans ce champ ont vu leur reconnaissance confirmée en éducation permanente en 2007 aux termes du nouveau décret :
- Alpha Mons Borinage, créé en 1978 sous la dénomination
Ecole d’Alpha Mons Borinage et reconnue en éducation
permanente dans le cadre du décret de 1976 depuis 1978
- Le Collectif d’alphabétisation de Saint Gilles, reconnu en
éducation permanente depuis 1982, et ses deux implantations locales, l’une à Forest, l’autre à Molenbeek
- Lire et Ecrire créé en 1983 et ses 9 régionales, toutes
reconnues en éducation permanente depuis 1988
Alpha Mons Borinage
L’association est reconnue dans l’axe 1 (participation, éducation et formation citoyennes).  L’association développe
trois thématiques d’action :
1) L’insertion pour une démarche citoyenne par l’éducation et l’alphabétisation, ce qui permet à l’association de
développer la pédagogie de la parlécriture, conçue et
mise en œuvre par l’équipe d’Alpha Mons Borinage
2) L’émancipation de l’individu par la créativité et l’expression, ce qui ouvre l’accès à la culture et le développement de compétences via une pratique artistique
3) Les droits fondamentaux par l’analyse et l’action, c’est-
à-dire, informer les apprenant-e-s de leurs droits dans
une approche critique et mobiliser les groupes et les
individus sur des valeurs de solidarité, de citoyenneté et
d’égalité des droits.
Le Collectif d’Alphabétisation
L’association dispose de trois lieux d’implantation dans trois
communes bruxelloises. Elle est reconnue à la fois en axe 1
(participation, éducation et formation citoyennes) et en
axe 3.1 (production de services).
Pour son action avec le public apprenant, l’association développe, en axe 1, quatre thématiques :

1)  L’accès à la culture via le développement de l’expression
et des pratiques culturelles, c’est-à-dire exercer ses droits
culturels dans l’optique de donner un cadre signifiant à
l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en permettant l’appropriation d’une pensée critique et de questionnements
2) L’auto-construction d’outils de compréhension du
monde via des analyses et un partage collectif par le
biais de discussions et de l’utilisation de pédagogies
émancipatrices
3) Le développement d’un pouvoir sur soi et son apprentissage en permettant à l’apprenant-e d’utiliser des approches constructivistes pour réfléchir collectivement aux
questions d’apprentissage et à son propre parcours
4) La prévention de l’illettrisme via le développement de la
relation parents/enfants/écoles, c’est-à-dire une activité
d’alphabétisation familiale en touchant les mères de
famille par le canal scolaire.
Pour son action en axe 3.2, le Collectif Alpha valorise son
centre de documentation spécialisé, créé en 1977. Il est
situé à Saint-Gilles. L’objectif de cet outil est de favoriser
une alphabétisation de qualité. En 2006, le Centre compte
plus de 4500 ouvrages répertoriés et un lectorat de plus de
1000 personnes. La politique d’acquisition et de recherche
est proactive. Le fonds documentaire fait l’objet d’un
dépouillement et d’un traitement analytique systématique.
4797 ouvrages, 62 revues et 200 dossiers thématiques peuvent être consultés en libre accès. La consultation du fichier
en ligne est aussi un atout.
Un autre point fort du Centre de documentation est la
réalisation de mallettes thématiques qui peuvent être
empruntées et proposent un kit  de documents prêts à l’emploi sur des sujets aussi variés que la pédagogie de Paolo
Freire, la laïcité et le port du voile, les élections et la démocratie ou les livres de cuisine. Des bibliographies illustrées
défrichent également des questions telles que l’échec scolaire
ou encore la formation en milieu carcéral. Soutenu précé-
demment via une convention, la reconnaissance du centre
de documentation dans le cadre du décret du 17 juillet
2003 assure à ce service une stabilité financière structurelle
et garantit sa pérennité.
Lire et Ecrire
La générale de Lire et Ecrire et ses 9 régionales sont reconnues globalement en tant que mouvement. 
Le mouvement est composé de :
- Lire et Ecrire Communauté française, entité fédérante
- Lire et Ecrire Bruxelles
- Lire et Ecrire Brabant wallon
- Lire et Ecrire Centre-Mons-Borinage
- Lire et Ecrire Charleroi Sud Hainaut
- Lire et Ecrire Liège-Huy-Waremme
- Lire et Ecrire Luxembourg
- Lire et Ecrire Namur
- Lire et Ecrire Verviers
Ce type de reconnaissance implique une action dans au
moins trois axes. Lire et Ecrire est reconnu dans 4 axes.
Pour l’axe 1, le mouvement Lire et Ecrire a choisi 4 thématiques d’actions menées avec les publics d’apprenant-e-s :
1) L’accès à la culture, considérant l’alphabétisation comme
un acte culturel en soi s’adressant à des publics multiculturels et aux milieux populaires, s’appuyant sur la langue, la parole et le livre
2) L’accès aux droits sociaux comme ceux du savoir lire et
écrire pour lutter contre la dépendance, renforcer l’autonomie et permettre aux apprenant-e-s d’agir sur leur
situation et plus largement sur les mécanismes qui régissent la société et induisent les exclusions


3) L’accès aux droits politiques via une information sur
les structures politiques, institutionnelles et leur mode
de fonctionnement ainsi qu’un apprentissage à la prise
de parole et à l’expression d’un point de vue critique
4) L’accès à la connaissance et à l’information pour être
outillé dans la compréhension d’un monde en constante
évolution et pour pouvoir se situer dans un environnement social, politique et technologique où des informations contradictoires et diversifiées circulent.
L’axe 2 concerne exclusivement les formations destinées
aux formateur-trice-s, animateurs-trices et aux responsables associatifs. La spécificité des formations organisées par
Lire et Ecrire est de concevoir le processus de formation
comme un questionnement et une remise en jeu des repré-
sentations des participant-e-s à l’égard de la société et de la
problématique de l’alphabétisation. Les formations proposées s’adressent à la fois aux travailleur-euse-s qui font partie du mouvement, mais sont aussi ouvertes à d’autres opé-
rateurs qui travaillent ou sont en contact avec un public susceptible d’être alphabétisé. Ces formations spécialisées visent
à permettre aux participant-e-s d’acquérir et de développer
des compétences d’animation, d’analyse, de pédagogie et de
méthodologie en envisageant l’apprenant-e comme une
personne inscrite dans une société et actrice de celle-ci.
L’axe 3.2 porte sur la réalisation d’études et d’analyses. Depuis
de nombreuses années, Lire et Ecrire dispose d’un outil de
communication et de réflexion, le Journal de l’Alpha. Nombre de textes de fond y sont publiés. Lire et Ecrire a aussi une
activité d’édition d’études et d’outils pédagogiques qui sont
disponibles sous forme papier, mais aussi en ligne. Ainsi
depuis 1988, Lire et Ecrire récolte les données auprès d’opé-
rateurs, principalement associatifs, pour son enquête annuelle.
L’axe 4 porte sur les campagnes et actions de sensibilisation.
Lire et Ecrire mène des actions de sensibilisation sur l’ensemble du territoire de la Communauté française. Initiées par
l’entité fédérante, elles sont relayées par les entités fédérées qui
les développent à l’échelle régionale ou locale. Ces campagnes
visent à une prise de conscience et à une évolution des mentalités sur la question de l’alphabétisation. L’objectif poursuivi
est aussi de favoriser l’émergence de collaborations et la création de nouvelles initiatives d’alphabétisation.
Lire et Ecrire développe trois campagnes dont deux de
manière permanente :
1°) campagne destinée à sensibiliser un large public et les
autorités politiques dont l’un des points forts est la journée internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre
2°) campagne de sensibilisation d’agents-relais c’est-à-dire de
travailleur-euse-s qui rencontrent des publics en difficulté
face à la lecture et à l’écriture dans le cadre de leur mission
sur le plan de l’emploi, de la santé, de l’action sociale…
Cette reconnaissance en tant que mouvement confirme
Lire et Ecrire dans son rôle d’ensemblier au niveau de la Belgique francophone, assumant une dynamique de sensibilisation, une action de soutien à la création d’outils pédagogiques et de cours sur le terrain, de synergie et de mise en
réseau entre les différents intervenant-e-s. Cette association, qui travaille en réseau, maille le territoire de la Communauté française et intervient en partenariat avec d’autres
organismes en veillant à inscrire son action dans des enjeux
d’éducation permanente tant par ses objectifs que par la
méthodologie utilisée.
Reconnaissance d’autres opérateurs développant, entre autres,
des actions d’alphabétisation
D’autres associations précédemment reconnues dans le
cadre du décret de 1976, développant des actions d’alphabétisation, ont vu leur reconnaissance confirmée dans le
cadre du décret du 17 juillet 2003. En voici la liste au 1
er
janvier 2007

- Le Caria situé à Bruxelles
- Adeppi dont le siège social est à Bruxelles, mais dont
l’action se déroule exclusivement en milieu carcéral
- Le Centre femmes de Verviers
- Le Centre d’éducation populaire André Genot dont
une filiale locale connue sous le nom de Vie-Esem mène
une action d’alphabétisation en partenariat avec des
CPAS dans la botte du Hainaut
- Le CIRE, acronyme de « Coordination et Initiatives
pour réfugiés et étrangers », (situé à Ixelles) qui organise
des formations
- Culture et développement situé à Thimister dont les
cours d’alphabétisation sont organisés au Gaffi
- Cultures et Santé (promosanté) situé à Schaerbeek qui
co-anime des formations d’alphabétisation à l’Atelier
des petits pas
- Le G.A.B.S. (Groupe d’Animation de la Basse-Sambre), situé à Auvelais
- La Maison de l’Amérique latine qui a déménagé à Ixelles et qui est reconnu en éducation permanente pour ses
tables de conversation avec les groupes avancés
- La Rue, association située à Molenbeek
- Revers travaillant avec des publics extrêmement précarisés à Liège
Nouvelles associations
Le décret de 2003 a permis la reconnaissance de nouvelles
associations développant des actions d’alphabétisation :
- Couleur Café : reconnue en 2005, cette maison de
quartier située à Malmédy organise des groupes de
conversation en langue française entre des autochtones
et des personnes d’origines étrangères.
- Partenariat Marconi, reconnu en 2006, maison de quartier située à Forest.
- Alpha 5000 : reconnue en 2007, cette association
namuroise spécialisée dans l’alphabétisation et le FLE
débutant est attentive à l’implication démocratique des
apprenant-e-s en instaurant notamment un Comité de
participants, chargé d’interpeller et de proposer des activités.
- Eyad, la Maison de Turquie, association située à SaintJosse-ten-Noode et reconnue en 2007.
- Le Centre d’animation et de développement scharbeekois (CEDAS), centre de jeunes, reconnu en 2007.
Impact de l’application du nouveau décret
Il est trop tôt pour dresser un bilan  du nombre des opérateurs, actifs dans le secteur de l’alphabétisation reconnus par
le décret de 76 dont l’action est confirmée par le décret de
2003 puisque la période transitoire se termine fin 2007.
Par contre, il est parfaitement possible de percevoir l’impact
qualitatif de ce nouveau décret, obligeant les associations à
réfléchir à leur action dans une perspective d’un projet évalué tous les cinq ans en fonction d’objectifs fixés à l’avance.
Les dimensions culturelles et citoyennes dans la prise en
charge des personnes analphabètes apparaissent comme un
point fort du développement de l’action des associations
développant uniquement des activités d’alphabétisation.
On peut constater également que le nouveau décret a permis la reconnaissance de nouvelles associations et relance
donc la dynamique associative engagée dans l’action culturelle et citoyenne vers des publics analphabètes.
Certaines de ces associations ne sont pas encore reprises
dans le chapitre concernant l’offre puisque celle-ci se base
sur l’analyse des données disponibles reprises dans les rapports d’activités 2005, déposés au 30 juin 2006. Les prochaines éditions de l’état des lieux devraient permettre de
percevoir l’évolution des reconnaissances et d’examiner une
éventuelle réorientation de l’action de certains opérateurs.

LISTE DES PRODUITS