Offre de formation des formateurtrice-s

 

Offre de formation  des formateur / trice-s

 Ce chapitre a pour objet d’examiner un axe particulier de
l’action en alphabétisation : la formation des formateurtrice-s et, plus largement, du personnel des organismes travaillant avec un public analphabète.
Il s’articule en deux volets :
- Le premier reprend la liste des organismes d’alphabétisation subventionnés par les administrations membres
du Comité de pilotage pour intervenir dans ce domaine
particulier de la formation
- Le second envisage les différents types de formations
susceptibles d’intéresser le personnel rémunéré ou béné-
vole des organismes en élargissant le point de vue hors
du secteur alpha stricto sensu.

3.1. OFFRE DE FORMATION DE FORMATEURTRICE-S SPÉCIFIQUES AU SECTEUR DE L’ALPHABÉTISATION

 Le tableau pages suivantes offre la possibilité d’une lecture
comparative. Les organismes indiqués en couleur rouge
n’étaient pas mentionnés pour la formation de formateurtrice-s dans l’état des lieux précédent.
Deux administrations, membres du Comité de pilotage ne
subventionnent pas ce type d’action : le Forem relations
partenariales et la Direction de l’égalité des chances de la
Communauté française.

Le tableau précise l’année sur laquelle porte les informations
pour chacun des pouvoirs subsidiants.
La plupart des informations portent sur l’année 2005 :
- Pour la Région wallonne : la DGASS (Action sociale) et
la DGEE (ISP)
- Pour la Communauté française : le secteur de l’éducation permanente
- Pour la COCOF : le secteur de la formation professionnelle (ISP)
L’enseignement de promotion sociale fournit les informations relatives à l’année scolaire 2005-2006, pour une formation supérieure de type pédagogique qui a démarré en
septembre 2005. 

Seuls ont été en mesure des fournir les informations relatives à 2006 :
- Bruxelles Formation
- le secteur Cohésion sociale de la COCOF
Deux types de formation sont prises en compte :
- Les formations  « internes », organisées par l’organisme
pour assurer la formation initiale et continue du personnel
- Les formations « externes, ouvertes », organisées par
l’organisme pour les travailleur-euse-s du secteur.
Rappelons aussi que ne sont repris ici que les financements
apportés par les membres du Comité de pilotage. N’y apparaissent donc pas deux sources : les Fonds sectoriels et les
financements européens.

3.1.1 Liste comparative des organismes organisant des formations de formateur-trice-s (subventionnés par les administrations, membres du Comité de pilotage)
3.1.2 Analyse des données

 L’examen du tableau permet de constater que sont actifs
dans le domaine :
- L’enseignement de Promotion sociale
Deux écoles dispensent les unités de formation de la formation de formateur-trice-s organisées dans le cadre de
l’enseignement supérieur pédagogique de type 1,  seule
formation permettant l’obtention d’une certification
officielle :

- l’Institut Roger Guilbert (Anderlecht)
- l’Institut provincial de formation sociale (Namur)
- Lire et Ecrire
Association spécialisée la plus active dans ce secteur de formation et qui développe majoritairement des actions de
formation ouvertes à l’ensemble des personnes concernées
par l’alphabétisation.
Les formations sont organisées par Lire et Ecrire – Communauté française ainsi que par Lire et Ecrire Bruxelles,


Lire et Ecrire en Wallonie et les huit régionales wallonnes
(Lire et Ecrire Brabant wallon, Lire et Ecrire Liège-HuyWaremme, Lire et Ecrire Verviers, Lire et Ecrire Namur,
Lire et Ecrire Charleroi Sud-Hainaut, Lire et Ecrire Luxembourg, Lire et Ecrire Centre Borinage, Lire et Ecrire Hainaut occidental).
Pour mener son action, l’organisme bénéficie de subventions du Ministère de la Communauté française dans le
cadre du décret du 17 juillet 2003 relatif à l’action en éducation permanente, mais aussi en vertu de la circulaire
ministérielle du 15 novembre 2001 organisant le soutien
des programmes de formation des cadres de l’animation et
de l’action socioculturelles. Les régionales wallonnes et
bruxelloises reçoivent également un soutien financier des
secteurs de l’insertion socioprofessionnelle ou de l’action ou
cohésion sociale, via la COCOF et Bruxelles Formation
ou la Région wallonne.  
- Des organisations bruxelloises agréées comme organismes d’insertion socioprofessionnelles font appel aux
lignes budgétaires « ISP » permettant  de financer la forma t i on de   l eur s   f o rma t eur s   :  A t e l i e r s  du  s o l e i l ,
Chom’hier, Maison de quartier d’Helmet, Proforal,
GAFFI, CAF, Piment, ISPAT, Collectif Alpha.
- Des mouvements ou association d’éducation permanente font appel à la circulaire ministérielle du 15
novembre 2001 organisant le soutien des programmes
de formation des cadres de l’animation et de l’action
socioculturelles pour la formation de leur personnel
ou l’organisation de formations ouvertes au secteurs :
Alpha Mons Borinage et le  Collectif Alpha. Vie Féminine mène aussi des actions de formation de formateur-trice-s  à travers des groupes de travail et de
réflexion sur la question de l’alphabétisation

3.2 FOCUS SUR L’OFFRE DE FORMATION DISPONIBLE (DANS ET HORS SECTEUR DE ’ALPHABÉTISATION)

 De très nombreux métiers interviennent dans le champ de
l’alphabétisation. Formateur-trice-s et animateur-trice-s
bien entendu mais aussi  responsables d’associations, personnes chargées de l’accueil, de l’orientation et du suivi,
conseiller-ère-s pédagogiques, secrétaires et  comptables,
chargé-es de projet. Toutes ces personnes, qu’elles soient
bénévoles ou salariées, ont des besoins de formation pour
réaliser leur travail.
Ce document ne traitera que de la formation des formateurs
et donc que d’une partie – certes importante – de la question de la formation des cadres de l’alphabétisation.
CONTEXTE
En Communauté française, l’alphabétisation s’est développée depuis la fin des années 60, à partir de multiples initiatives citoyennes locales, le plus souvent associatives : maisons de quartiers, associations de migrants, associations
d’éducation permanente, maisons de jeunes, centres culturels, services sociaux, écoles de devoirs, … Plus de deux
cents associations ont ainsi décidé d’organiser, selon des
orientations et modes de fonctionnement divers, des actions
d’alphabétisation. Quelques 1.500 personnes y travaillent,
dont  près de 50% bénévolement. Plus de 70 % sont des
formateur-trice-s. Leur niveau de scolarité, du CEB au doctorat, ainsi que l’orientation de celle-ci est diversifié : un
tiers de type ‘pédagogique’, un tiers de type ‘social’ un tiers
de formations des plus diverses.

FORMATEUR-TRICE EN ALPHABÉTISATION : UN MÉTIER

Il n’existe pas, en Communauté française,  de formation initiale spécifique préparant au métier de formateur-trice d’alphabétisation. 
Or ce n’est pas parce que l’on a appris à lire et à écrire, ou
même parce que l’on a suivi une formation initiale d’instituteur-trice ou de régent-e, ou que l’on a passé l’agrégation
après une licence universitaire, que l’on possède automatiquement les compétences nécessaires pour devenir formateur-trice en alphabétisation.
A l’exception de l’enseignement de promotion sociale, chaque association ou chaque ‘pouvoir organisateur’ est libre de
déterminer sa politique d’engagement et le profil des formateur-trice-s, salarié-e-s ou bénévoles, avec lequel il travaille.
Ce profil peut avoir différentes spécificités selon le projet
dans lequel s’inscrit l’action d’alphabétisation et parfois
selon des contraintes administratives. Elles sont alors toujours liées à des conditions de diplômes sans lien avec le
métier, jamais à des considérations de capacités professionnelles.
Il existe cependant, au niveau de la Communauté fran-
çaise, plusieurs documents de références définissant les missions, tâches et compétences attendues d’un formateur en
alphabétisation.
Tout d’abord
- la Convention Collective de Travail (CCT) du 15
décembre 2003 définissant la classification de fonctions
pour certains secteurs de la Commission Paritaire 329
dont le secteur socioculturel dépendant de la Communauté française qui définit les fonctions d’animateur-trice – formateur-trice de classe 1 et de classe 2,dans lesquelles s’inscrivent les formateur-trice-s en
alphabétisation
Ce document est  la norme légale, la référence obligatoire,  pour  la majorité des associations d’alphabétisation.
Ensuite
- le « Profil professionnel du Formateur en alphabétisation »,
approuvé par le Conseil supérieur de l’Enseignement de
promotion sociale le 29 novembre 2002.
Et enfin, le document de référence (juin 2004) de l’association Lire et Ecrire :
- « Etre formateur en alphabétisation, c’est…. »

UN MÉTIER À LA CROISÉE DE PLUSIEURS CHEMINS … 

 Le/la formateur-trice en alphabétisation ne pourra atteindre
ses objectifs, soit amener des personnes à s’alphabétiser,
qu’en étant aussi un-e animateur-trice, un-e pédagogue,
un-e agent de changement… De plus, il/elle peut parfois
être aussi amené-e à accueillir et orienter les personnes analphabètes.  Il s’agit de former un-e acteur-trice social-e capable de monter, gérer, animer et évaluer des actions d’alphabétisation avec des personnes en exclusion économique,
sociale et culturelle.

…NÉCESSITANT UNE LARGE PALETTE DE FORMATION

S’il n’existe pas de formation initiale préparant au métier de
formateur-trice en alphabétisation, il existe de nombreuses
formations  ‘pour adultes’ permettant de s’y former. 

 Parmi celles-ci on peut distinguer
- les formations spécifiques liées à l’alphabétisation et les
formations plus générales liées à l’animation, à la formation, aux contextes culturels, sociaux et politiques, à
l’accueil, … ;
- les formations longues et les formations courtes ;
- les formations organisées par l’enseignement et délivrant des titres officiels et les formations organisées par
d’autres pouvoirs publics, le secteur associatif, ayant du
poids sur un CV mais n’ayant pas d’effet de droit.

L’offre de formation
Nous distinguerons ici les formations s’organisant sur un an
ou moins - qu’elles soient organisées sous forme de modules de 2 à 7 jours ou de formations plus longues s’organisant
sur un an - des formations ‘longues’, soit celles qui s’étalent
sur deux ou trois ans minimum. 

Toutes ces formations sont suivies par des formateur-trice-s
en alphabétisation qui cherchent à développer leurs compé-
tences et leur compréhension du monde dans lequel ils-elles
vivent. Elles sont également suivies par des personnes en
recherche d’emploi  dans le secteur. Effectivement, avoir
suivi ou suivre l’une ou l’autre de ces formations retiendra
l’attention des employeurs lors de la sélection des CV.
Elles permettent aussi à des  personnes qui ont arrêté leur
scolarité  tôt, de poursuivre une formation leur permettant
d’accéder à un métier mais aussi à la reconnaissance et à la
mobilité que permet un diplôme officiel. C’est pourquoi,
Lire et Ecrire a choisi d’impulser les formations longues,
spécifiques à l’alphabétisation dans le cadre de la Direction générale de l’Enseignement, seule habilitée aujourd’hui
à délivrer des titres officiels.

 

FORMATIONS DE MOINS D’UN AN,  SPÉCIFIQUES À L’ALPHABÉTISATION
Les formations spécifiques à l’alphabétisation sont organisées, de manière systématique et régulière, exclusivement par
Lire et Ecrire, qui fait  appel à des intervenants d’autres associations pour en animer certains modules. Elles portent
tant  sur des contenus de base que sur du perfectionnement.
Elles s’adressent à toute personne impliquée ou qui souhaite
s’impliquer en alphabétisation, dont les bénévoles, ainsi
qu’à toute personne confrontée à cette problématique.

Outre Lire et Ecrire, d’autres associations, telles Alpha Mons
Borinage, le Collectif d’alphabétisation,… organisent également des formations de perfectionnement centrées sur l’alphabétisation.
FORMATION DE BASE POUR FORMATEUR–TRICE-S EN
ALPHABÉTISATION
Ces formations, qui s’organisent souvent sur un an, s’adressent à toute personne qui envisage de s’engager dans le
champ de l’alphabétisation, vient de s’y engager sans formation préalable, ou souhaite mieux  connaître ce champ d’action, avec une priorité aux bénévoles qui, de manière géné-
rale, ne sont pas prêts à s’investir dans une formation de
longue durée.
Elles privilégient la clarification du positionnement comme
formateur-trice au sein de son association et vis-à-vis des
apprenant-e-s, l’analyse de l’analphabétisme et de l’alphabé-
tisation,  la découverte d’approches méthodologiques actives et émancipatrices,… Un module de plusieurs  journées
de stage à répartir en cours de formation  est également proposé afin de prendre contact avec la réalité de terrain pour
les futur-e-s formateur-trice-s ou de découvrir d’autres
manières de travailler pour les formateur-trice-s déjà en
fonction. Ces journées de pratique permettent de nourrir la
motivation à entrer dans l’action et d’enrichir la réflexion
lors des journées de formation.
FORMATIONS COURTES D’INITIATION OU
D’APPROFONDISSEMENT
Ces formations, le plus souvent de 2 à 7 jours, s’adressent à
toute personne qui, ayant une pratique, souhaite l’analyser
et l’améliorer. Centrées sur des thématiques et méthodologies précises, elles sont  articulées principalement autour des
compétences définies par Lire et Ecrire dans son « profil du
formateur ». 

En 2005, 1.062  personnes ont participé aux différentes formations organisées par Lire et Ecrire, 231 en formation de
base et 831  en formation continuée. Cette association a
organisé 29.779 heures de formation. 12.327 heures de
formation continuées et 13.852 de formations de base. Les
57 modules de formations continuées organisés en 2005
peuvent se regrouper dans les 8 thématiques suivantes:
expression orale, expression écrite, interculturel, pédagogies et méthodologies, animations de groupes, mathématiques, créativité.
FORMATIONS COURTES, NON SPÉCIFIQUES
AU SECTEUR DE L’ALPHABÉTISATION
Certains pouvoirs publics organisent des formations sur
des sujets directement liés aux préoccupations des formateurs en alphabétisation :
- la Direction générale de la Culture de la Communauté
française dans le cadre de la formation des cadres culturels
- la Direction générale des Affaires culturelles de la Province du Hainaut (animation de groupes, lecture
vivante, ...).
De nombreuses associations - actives dans le domaine de
l’interculturel ou de l’animation, des mouvements pédagogiques, …- , pour la plupart reconnues comme acteurs de
formations dans le décret du 17 juillet 2003 relatif au soutien de l’action associative dans le champ de l’Education
permanente  proposent également des contenus de formation nécessaire aux formateur-trice-s :  Iteco, Université
de Paix, Cgé, le Grain, Présence et Action Culturelle, la
Ligue de l’Enseignement, CFS, l’Interfédération des OISP,
le CFIP, le Ciep, le Cunic, le STICS, le CBAI, Peuple et
Culture…

Citons aussi la « préformation ciblée à l’animation en
milieu multiculturel », organisée par le CBAI dans le cadre
de l’insertion socio-professionnelle. Ce module permet à des
demandeur-euse-s d’emploi peu qualifié-e-s d’accéder aux
formations professionnelles longues citées plus haut.
Lire et Ecrire a également organisé des préformations de
‘formateur-trice-s en alphabétisation’ pour demandeur-euse-s
d’emploi, financées notamment par le fonds sectoriel ou le
FSE. Ces formations sont aujourd’hui arrêtées vu l’absence
actuelle de financement pour ce type d’action. 
Quelles conditions d’accès au métier et quelles politiques de formation de formateurs des opérateurs ?
ENSEIGNEMENT DE PROMOTION SOCIALE
Au niveau de l’Enseignement, les ‘formateur-trice-s alpha’
qui travaillent en Promotion sociale doivent être des enseignant-e-s, disposant d’un titre pédagogique de type court
(AESI). En pratique la pénurie actuelle d’enseignant-e-s,
ainsi que les règles de priorité d’affectation, font que les
chargé-e-s de cours ont des formations initiales et des profils très divers. L’hypothèse de départ étant que le titre d’enseignement supérieur de type court ‘régent en français’ est
suffisant pour alphabétiser, il n’y a pas d’attention particulière accordée à leur formation continuée, même si certains
PO en organisent et sont financés pour ce faire dans le
cadre du décret du 30 juin 1998 relatif à la formation en
cours de carrière du personnel de l’enseignement de promotion sociale. Certains enseignant-e-s participent aussi – ou
souhaiteraient participer – aux formations organisées par le
secteur associatif, ce qu’empêchent malheureusement les
règles de financement actuelles de ce secteur.

SECTEUR ASSOCIATIF
Il n’existe pas de ‘titre requis’ ni ‘d’accès à la profession’. Tout
le monde peut s’improviser bénévolement formateur-trice
en alphabétisation.
Pour les formateur-trice-s salarié-e-s, les Conventions Collectives de Travail du secteur socio-culturel classent les formateur-trice-s/animateur-trice-s en deux niveaux, en fonction de leur niveau de diplôme, mais aussi en fonction du
type de travail effectué (plus ‘exécutant-e’ ou plus ‘concepteur-trice’) et donc de compétences
2
Après quelques années  .
d’ancienneté, le-la formateur-trice/animateur-trice ‘exécutant-e’ est réputé-e avoir acquis les compétences nécessaires
pour ‘concevoir et évaluer’ ses actions et passe automatiquement dans la catégorie ‘concepteur-trice’.
Chaque association est libre, dans le respect des CCT et
d’éventuelles contraintes administratives de déterminer sa
politique d’engagement et de formation de son personnel et
de ses bénévoles. Ces politiques sont toutefois très différentes d’une association à l’autre. Peu d’associations ont une
réelle politique de formation. Une enquête menée auprès de
79 bénévoles en 2003-2004 a montré que la plupart d’entre
eux ont le souhait de se former, mais qu’un quart d’entre
eux n’ont suivi aucune formation. Soit parce qu’ils ne sont
pas disponibles, soit parce qu’ils viennent de commencer,
soit parce qu’ils estiment ne pas en avoir besoin. Parmi les
bénévoles qui ont suivi une formation, la durée totale de
cette formation est très variable : de 1 à 75 jours. Au total
seuls 40% des bénévoles ont bénéficié de plus de 10 jours
de formation.
3

Qu’en est-il des exigences des pouvoirs publics en
la matière et des financements des politiques de
formation des associations ?

EDUCATION PERMANENTE
Le décret relatif au soutien de l’action associative dans le
champ de l’éducation permanente n’aborde ni la question
de la qualification ou de la compétence
4
, ni celle de la formation des animateur-trice-s/formateur-trice-s intervenant
dans le cadre des actions citoyennes, soit celui où se déroulent les actions d’alphabétisation et où travaillent majoritairement des bénévoles. Pour les actions de formation de formateur-trice-s, de sensibilisation, d’études et de services
spécifiques, il prévoit que l’association « dispose du personnel spécifique (…), lequel présente le degré de compétence
requis pour ce faire », sans plus de précision. C’est dans le
cadre de sa demande de reconnaissance que l’association
doit justifier de la compétence de son personnel et que
celle-ci sera jugée ou non satisfaisante.
Le décret soutient cependant de manière très importante la
formation des formateur-trice-s en reconnaissant et subventionnant quasiment toutes les associations qui offrent
des formations qui peuvent être utiles aux travailleur-euse-s
du secteur de l’alphabétisation.
Le service de l’éducation permanente, via la circulaire ministérielle organisant le soutien des programmes de formation
des cadres de l’animation et de l’action socioculturelles du
15 novembre 2001 subventionne également, de manière ponctuelle, des programmes de formations de cadres, initiés
par des associations.
Comme nous l’avons signalé plus haut, la Direction géné-
rale de la Culture développe une offre de formation diversifiée et accessible à l’ensemble des cadres et acteur-trice-s culturel-le-s, dont les cadres de l’alphabétisation.
INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE
A Bruxelles, l’arrêté 2001/549 (décret OISP - COCOF) fixe
les qualifications requises en ISP pour tous les formateurtrice-s, y compris ceux-celles qui donnent les cours d’alpha.
Cet arrêté lie les fonctions au diplôme et à l’expérience
utile, la CCT particulière aux OISP bruxelloises ayant été
mise en conformité avec cet arrêté.
La preuve des compétences des formateur-trice-s se traduit
donc le plus souvent par un diplôme. Tout diplôme supé-
rieur lié à la fonction étant – malheureusement - automatiquement considéré comme gage de compétence, les autres
personnes devant se prévaloir d’une expérience utile avant
l’engagement, les parcours de formation continuée étant
peu pris en compte. Et certain-e-s formateur-trice-s ne
répondent pas aux critères de l’arrêté non-marchand et ne
peuvent donc pas être accepté-e-s comme formateur-trice
par la COCOF. Par exemple une personne ayant eu un
parcours en alphabétisation, puis une préformation ‘animateur-trice en milieu culturel’, puis des formations continuées et un suivi individuel de tutorat financé par le fonds
sectoriel, ne pourra pas exercer comme formateur-trice dans
le cadre de l’ISP bruxellois.
En Wallonie, la Région a confié à l’Interfédération des
EFT/OISP la mission de coordonner l’offre de formation
du personnel des EFT et OISP et d’en assurer, le cas échéant,  la formation continuée. (Article 18 du décret du
1
er
avril 2004 relatif à l’agrément et au subventionnement
des organismes d’insertion socioprofessionnelle et des entreprises de formation par le travail – MB du 1
er
juin 2004 et
arrêté du Gouvernement wallon du 21 décembre 2006 –
MB 16 mars 2007 qui entrera en vigueur le 1
er
janvier
2008).
A Bruxelles, les associations d’ISP ont accès à un fonds de
formation continuée spécifique (FFISP institué sur base de
la CCT du 4 novembre 2002 MB 03/01/2003). Ce fonds
est alimenté par l’Orbem et la COCOF à raison d’un versement de 1% de la masse salariale des travailleur-euse-s
bénéficiaires. Une enveloppe est réservée au soutien de
projets individuels de formation certifiante, le fonds établissant annuellement une liste des formations accessibles. Une enveloppe est destinée à la réalisation des plans
de formation des associations, chacune d’elles se voyant
octroyer une somme calculée en fonction de son nombre
d’emplois. Enfin une enveloppe sert à l’organisation par le
fonds de formations spécifiques ou à la réalisation d’études
5
.
L’existence de ce financement et son fonctionnement incitent les associations à soutenir et à développer la formation
de leur personnel. Mais seules les associations agréées en ISP
y ont accès, soit seulement 9 associations d’alphabétisation
bruxelloises (sur la centaine que compte le secteur).
En Wallonie, un tel fonds n’existe pas.
COHÉSION ET ACTION SOCIALE
Les décrets existants
6
ne prévoient pas explicitement la formation des formateur-trice-s et la hauteur parfois limitée
des montants reçus par les associations via ces décrets ne leur permettent pas d’investir fortement dans la formation
de leurs formateur-trice-s. Ils soutiennent cependant des
« Centres régionaux » qui ont des missions d’appui aux
associations. A Bruxelles, la Région bruxelloise et le secteur
Cohésion sociale de la COCOF soutiennent aussi la formation des formateur-trice-s via les moyens qu’ils attribuent au
Plan bruxellois pour l’alphabétisation. Ce plan comporte un
important volet de formation professionnelle de demandeur-euse-s d’emploi.
FONDS SECTORIEL DU SECTEUR SOCIOCULTUREL
L’Association paritaire pour l’emploi et la formation (APEF)
du secteur non marchand francophone gère en son sein le
fonds social du secteur socioculturel et sportif, fonds auquel
ont accès toutes les associations du secteur socioculturel. Ce
fonds soutient le développement des plans de formation des
associations, le tutorat et l’accompagnement d’équipe, rembourse les frais d’inscriptions à des modules courts de formation et participe, avec la Fondation Roi Baudouin, au
soutien d’un projet visant à outiller les conseils d’administration et les directions à « diriger une association ». A
part ce dernier projet, le fonds s’adresse en priorité aux
salarié-e-s les plus fragilisé-e-s.

Conclusion
Il existe une offre de formation abondante et diversifiée,
permettant aux formateur-trice-s de se construire des programmes de formation adaptés à leurs besoins. Sauf peut-
être, précisément, pour les aspects de formation spécifiquement liés à l’alpha où la demande –notamment en formation de base pour formateur-trice-s d’alpha– dépasse la
capacité d’offre actuelle de Lire et Ecrire. Le développement de cette offre de formation de formateur-trice-s par
Lire et Ecrire impliquerait davantage de moyens pour engager et former des conseiller-ère-s pédagogiques et des formateur-trice-s de formateur-trice-s. 
Cependant, il faut bien constater que l’offre de formation
ou le subventionnement des formations par les pouvoirs
publics ne sont pas des incitants suffisants pour assurer le
développement de réelles politiques de formations de formateur-trice-s par les associations.
Les raisons en sont multiples et diverses, souvent cumulées :
accès aux moyens existants (connaissance des dispositifs
et accessibilité à ces dispositifs), faiblesse des moyens structurels qui ne permettent pas d’investir sur ce plan, précarité des contrats de travail, manque de temps et de ressources humaines pour gérer l’organisation de la formation
ou l’information des formateur-trice-s, non-reconnaissance de la nécessité d’une compétence spécifique pour
alphabétiser, …
Pourtant la qualité des formations d’apprenant-e-s est largement liée à celle de la formation de formateur-trice-s qu’ils
soient bénévoles ou professionnels.
La question de la formation de formateur-trice-s renvoie
inévitablement à celle de la professionnalisation et du béné-
volat. Tout l’enjeu est d’éviter une dichotomie croissante
entre ces deux modes d’encadrement et de développer la
qualification et la compétence de tous les formateur-trice-s,
dans le respect de leurs positions

 VOUS POUVEZ CONSULTER L'ORIGINAL ici

Cet ouvrage est disponible en version papier sur simple demande auprès du secrétariat du comité de pilotage, Cellule Alpha, Michèle Minne, 44 boulevard Léopold II à 1080 Bruxelles(michele.minne(at)cfwb.be)  http://www.educperm.cfwb.be

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