Offre de formation d’apprenants

Offre de formation d’apprenants et autres actions en lien avec l’Alpha

Dans l’édition 2006 de l’état des lieux, l’offre avait été envi-
sagée, de manière globale, dans un seul tableau, indiquant
toutes les activités des opérateurs :
formation d’apprenant-e-s
formation de formateur-trice-s
autres activités en lien avec l’alphabétisation : accompa-
gnement social, édition d’outils pédagogiques, sensibi-
lisation d’agents-relais…

Pour le présent état des lieux, il a été décidé de distinguer les
formations d’apprenant-e-s, les formations de formateur-
trice-s et les autres activités d’alpha. Chacun de ces volets
fait l’objet d’un tableau spécifique et d’un commentaire
précis. L’offre de formation pour les formateur-trice-s est
abordée, de manière approfondie et séparée, dans le chapi-
tre suivant.

Dans ce chapitre, les activités développées par les organis-
mes d’alphabétisation sont présentées en deux sections dis-
tinctes :
- les formations destinées aux apprenant-e-s
- les actions d’alpha autres que des formations quel que
soit leur destinataire

Les sources
L’analyse se base sur plusieurs sources croisées :
- Les informations dont disposaient les administrations,
membres du Comité de pilotage soit pour l’année civile
2005, soit 2006, soit l’année 2005-2006, selon leur sys-
tème de récolte des données
- Les informations collectées par Lire et Ecrire pour son
enquête annuelle qui est diligentée depuis 1988.
- Les informations fournies par certains opérateurs sur
la localisation de leurs antennes, lors de la vérification
des lieux d’implantation pour la cartographie. Cette
démarche n’a pas été systématisée ; elle n’est intervenue
que lorsque les informations, dont disposait le secréta-
riat, étaient lacunaires ou contradictoires.

Il faut encore rappeler ici que certains pouvoirs publics,
impliqués à un titre ou à un autre dans les politiques d’al-
phabétisation, ne sont pas représentés au Comité de pilo-
tage. Il n’a pas encore été possible de les associer aux tra-
vaux, mais l’élargissement du champ d’investigation à d’au-
tres administrations et d’autres pouvoirs permettrait d’affi-
ner la représentation du secteur de l’alphabétisation dont
les formes et les modes de subventionnement sont multi-
ples.

La nécessité de mettre en œuvre une enquête unifiée et
harmonisée est également un des objectifs du Comité de
pilotage afin de pouvoir atteindre un degré d’exhaustivité et
de fiabilité maximale. Au cours de l’année 2006-2007, le
Comité de pilotage a travaillé à l’élaboration d’un ques-
tionnaire harmonisé et unique. Un projet de collecte des
données est à l’étude.

Les critères de sélection des organismes retenus
En 2007, le Comité de pilotage a poursuivi ses travaux de
réflexion sur le plan méthodologique. Il a affiné la nomen-
clature pour identifier les organismes relevant du champ de
l’alphabétisation, en tenant compte du FLE destiné à un
public analphabète ou illettré. Ces critères ont été appliqués
pour retenir les organismes figurant dans la liste.

2.1 LA FORMATION D’APPRENANT-E-S
Cette section se subdivise en 2 parties :
1°) le tableau reprenant tous les opérateurs renseignés par
les administrations du Comité de pilotage et Lire et
Ecrire ainsi qu’une analyse des données
2°) le tableau reprenant les opérateurs qui ont répondu à
l’enquête de Lire et Ecrire et une analyse de ce qui
peut en être déduit.
Ces deux parties ne sont pas redondantes, mais complémen-
taires au niveau des informations. En effet, l’enquête de
Lire et Ecrire se base sur des informations directement four-
nies par les organismes eux-mêmes. Elle permet de recenser
le nombre d’apprenant-e-s et certaines données concernant
ces opérateurs d’alpha, notamment sur leur personnel rému-
néré et bénévole.
Le tableau, reprenant la liste unique des organismes actifs
dans le domaine de l’alphabétisation et du FLE, identifie
davantage d’opérateurs que l’enquête annuelle de Lire et
Ecrire, ce qui s’explique par le libre choix des organismes de
participer ou non à cette collecte d’informations. Il faut
aussi souligner le caractère fluctuant d’une partie du secteur.
De petits opérateurs émergent tandis que d’autres disparais-
sent même si la majorité des organismes mènent leur action
de manière stable et récurrente.

2.1.1 LISTE DES ORGANISMES
Le tableau1 reprend par commune l’organisme actif, c’est-
à-dire organisant des cours d’Alpha et/ou de FLE, sur le ter-
ritoire de l’entité communale. Cela signifie donc qu’un
opérateur peut être cité plusieurs fois s’il propose des forma-
tions dans différentes communes. Par contre, un organisme
disposant de plusieurs sites d’implantation de formations
dans la même commune, ne sera cité qu’une fois. Un
tableau reprenant, par commune, les adresses précises des
lieux de formation, qui ont permis d’établir la cartogra-
phie, est présenté en annexe.
Un code de couleurs et une approche comparative
Le choix d’une approche comparative permet au lecteur de
percevoir l’évolution du secteur d’un exercice à l’autre. Les
données de l’édition 2006 sont reprises en parallèle avec celles
de l’édition 2007 pour ce qui concerne les formations d’alpha-
bétisation. La lecture est facilitée par un code de couleur :
- rouge : organismes « nouveaux » qui n’étaient pas ren-
seignés dans l’état des lieux 2006 et apparaissent dans
l’édition 2007. Leur arrivée s’explique de différentes
manières :
- soit parce que l’organisme n’existait pas en 2004 et
n’avait pu être recensé
- soit parce que l’organisme existait en 2004, mais
n’était pas actif dans le secteur de l’alphabétisation
- soit parce qu’il n’avait pas été recensé dans l’état des
lieux précédent faute d’avoir pu être identifié
- bleu : organismes signalés dans l’état des lieux 2006 qui
ne figurent plus dans l’édition 2007. Leur départ s’expli-
que de différentes manières :
- soit parce que l’organisme a disparu
- soit parce que l’organisme a réorienté son action et
n’est plus actif dans le secteur de l’alphabétisation
- soit parce que l’organisme n’organise pas de forma-
tions pour les apprenant-e-s, mais est repris dans un des
deux autres volets relatifs aux deux autres types d’action
en lien avec l’alphabétisation (le tableau de l’édition
2006 reprenait l’ensemble des acteurs du secteur)
- noir : organismes signalés dans les deux éditions, actifs
pour l’exercice 2004-2005 et 2005-2006
Les sources de financement des activités de formation à
destination des apprenant-e-s
Cette partie du tableau permet d’identifier la/les source-s de
subventionnement de l’action d’alphabétisation lorsqu’elle-
s est/sont connue-s et ce de manière comparative entre les
deux éditions de l’état des lieux.
Chaque colonne permet d’identifier si, pour son action de
formation pour les apprenant-e-s, un organisme bénéficie
du soutien financier :
- soit d’une des administrations du Comité de pilotage.
Ces informations sont regroupées par niveau de pouvoir
représenté au Comité de pilotage :
- Communauté française2
- Enseignement de promotion sociale
- Education permanente
- Commission communautaire française de la
Région de Bruxelles-Capitale (COCOF)
- Cohésion sociale
- Formation professionnelle (secteur ISP)
- Bruxelles Formation
- Région wallonne
- Action sociale
- Formation professionnelle (secteur ISP)
- Forem Relations partenariales
- soit d’un autre pouvoir de subventionnement dont la
nature n’est pas précisée : il peut s’agir des pouvoirs
locaux, provinciaux ou de tout autre secteur, non repré-
senté au Comité de pilotage. Les informations n’ont
pu être complétées que pour les pouvoirs locaux (CPAS
et communes) pour autant qu’il ait été possible de les
identifier comme opérant dans le secteur de l’alphabéti-
sation.
- soit d’aucune source de subventionnement pouvant être
identifiée avec certitude. Cela ne signifie pas nécessaire-
ment que l’organisme ne perçoive aucune subvention ou aide
des pouvoirs publics, même si cette situation peut
exister. Pour certains organismes, il n’a pas été possible
d’indiquer la/les source-s de financement faute de dispo-
ser de l’information précise.
Il faut toutefois attirer l’attention sur le fait que l’informa-
tion peut être incomplète puisque les données portant sur le
subventionnement des pouvoirs publics se limitent aux
administrations membres du Comité de pilotage.
Les autres activités Alpha de l’organisme
Une colonne permet d’identifier si l’organisme réalise d’au-
tres activités dans le domaine de l’alphabétisation soit des
formations de formateur-trice-s, point développé dans le
chapitre 3, soit des activités autres que les formations, point
développé dans la seconde partie de ce deuxième chapitre. Il
s’agit simplement d’une mention puisque les informations
relatives à ces autres volets sont traitées plus loin.
Les activités de l’organisme hors du champ de l’Alpha
Une partie du tableau indique si un opérateur est impliqué
dans un autre champ d’activités, en dehors de l’alphabétisa-
tion, qu’il soit reconnu ou non, financé ou non par les
pouvoirs publics. Ces informations ne sont pas exhaustives
puisque basées sur les seules données dont dispose le
Comité de pilotage.
Ce constat plaide pour la mise en œuvre d’une enquête
unifiée qui permettrait de disposer de renseignements
concrets et complets sur chaque organisme.

2.1.2. ANALYSE
Fluctuations du nombre d’organismes actifs et de lieux
d’implantation.
Les informations ont été récoltées en croisant les données
fournies par les différentes régionales de Lire et Ecrire, cel-
les des administrations membres du Comité de pilotage et,
si nécessaire, par vérification téléphonique. L’établissement
de la cartographie a impliqué la recherche des adresses pré-
cises des lieux de formation, liste qui est reprise en annexe.
Cela signifie donc :
- un organisme travaillant dans différentes communes
est identifié dans chacune d’elles
- un organisme qui dispose de plusieurs lieux d’implanta-
tion dans la même commune n’est repris qu’une fois.
Sans prétendre à l’exhaustivité, cet état des lieux essaie de
répertorier le maximum d’organismes dont l’intervention se
situe dans le champ des formations destinées aux apprenant-e-s.
Cependant ces formations peuvent prendre différentes formes
selon le secteur auquel les organismes se réfèrent et selon leur
situation respective sur le plan de la taille, de la professionna-
lisation du personnel, du projet global et de la localisation.
Ce tableau permet de décompter :
1°) Les lieux d’implantations qui ont disparu en 2005-2006
73 lieux de formation ont cessé leurs activités d’alphabétisa-
tion ou de FLE débutant. Ces organismes ou lieux d’im-
plantation, présents dans l’édition 2006 (données 2004-
2005) ne sont plus repris pour l’exercice 2005-2006.
2°) Les nouveaux lieux d’implantation
102 « nouveaux » lieux d’implantation sont signalés.
3°) Les lieux d’implantation qui poursuivent leurs activités
d’Alpha FLE sans discontinuité
332 lieux d’implantation sont stables, ce qui signifie que les
organismes poursuivent leurs activités d’alphabétisation
dans une même commune depuis 2004.
Les raisons qui expliquent ces « fluctuations » sont multiples.
Il faut distinguer les causes liées à l’organisme lui-même de
celles liées aux sites de formation.
Les disparitions d’organismes peuvent s’expliquer de diffé-
rentes manières, selon les secteurs, par exemple :
-
Le secteur ISP de la Région wallonne, sur base de la
nouvelle nomenclature, n’a plus repris une série d’opé-
rateurs dont l’action consistait à de la remise à niveau de
connaissances et non de l’alphabétisation ou du FLE
débutant : les différentes antennes du Centre liégeois
de formation, du Crabe dans la région de Jodoigne,
d’Aide et Reclassement à Huy et Burdinne ainsi que de
Structure dans le Hainaut.
L’enseignement de promotion sociale connaît aussi une
fluctuation des écoles organisant des modules de forma-
tion alpha, FLE, Formation de base et CEB. Toutes les
écoles, qui sont susceptibles de le faire sur base du nom-
bre d’heures disponibles, ont la latitude d’organiser ou
non ce type de formation en fonction de choix opérés
par la Direction de l’école, de la demande effective et du
nombre d’inscriptions : 11 écoles ne proposent plus de
modules de ce type.
L’éducation permanente : les associations reconnues
dans le cadre du décret de 1976 se trouvent en période
transitoire jusqu’en 2007. Certains organismes redé-
ploient leurs activités autrement pour rencontrer les
conditions du nouveau décret. Elles ne signalent plus de
formations d’alphabétisation pour justifier leur subven-
tion en éducation permanente : le Sireas, l’Institut
kurde, le Bureau kurde…
La cohésion sociale de la COCOF signale que certains
opérateurs n’existent plus ou ne sont plus subventionnés
par ce secteur : le centre Jardin des olives, le Centre
social asbl, Etoile du Nord, groupes de contact sensibi-
lisation…
L’action sociale en Région wallonne : le système d’ap-
pels à projets annuels a un impact sur les organismes
subventionnés puisque certains le sont en 2005, mais ne
sont pas repris en 2006. D’autres peuvent être soutenus
la même année dans le cadre de différents appels à pro-
jets, ce qui explique que la somme du nombre d’orga-
nismes subventionnés indiqués dans le chapitre 4 (par
dispositif réglementaire) ne coïncide pas avec la somme
d’organismes mentionnés lorsque ceux-ci sont classés
par commune.
- 49 organismes ont été subventionnés en 2005
- 47 organismes ont été subventionnés pour l’année
2006
Parmi ces organismes, 27 d’entre eux ont été subven-
tionnés à la fois sur 2005 et 2006. Cela signifie donc
que d’autres n’ont été subventionnés qu’une seule de ces
deux années : 22 organismes soutenus seulement en
2005 et 20 seulement en 2006.
La disparition de sites d’implantation de cours ne signifie pas la disparition de l’organisme, mais peut découler de
diverses situations ou d’une stratégie de redéploiement des
activités. A la lecture du tableau, on observe des fluctuations
dans les lieux d’implantation des antennes locales de Lire et
Ecrire en Brabant wallon, dans le Hainaut ou encore dans la
Région de Liège-Huy- Waremme. De nouvelles implanta-
tions s’ouvrent dans certains cas dans d’autres entités. Les
causes de ce redéploiement peuvent être multiples : pro-
blème de locaux et/ou de personnel, public insuffisant en
région rurale, fragilité d’opérateurs qui se basent exclusive-
ment sur le bénévolat et l’initiative volontaire…
Les pertes sont largement compensées par l’émergence de
nouveaux organismes et les nouvelles localisations de lieux
de cours identifiées. Pour 73 lieux d’implantation de forma-
tion qui ont disparu, 104 ont été créés ou repérés pour
cette édition de l’état des lieux. La dynamique est donc
positive. Si l’on calcule la balance, il n’y a pas de déficit de
lieux de formations. 331 lieux d’implantation identifiés
pour le premier état des lieux fonctionnent de manière
continue depuis 2004.
L’identification de ces nouvelles implantations s’explique
de différentes manières :
- Nouveaux opérateurs connus : en éducation perma-
nente, la reconnaissance d’un nouvel opérateur reconnu
en vertu du décret du 17 juillet 2003, en 2005, Couleur
Café, association qui organise des tables de conversation
en français pour permettre à un public allochtone d’éta-
blir des liens avec un public autochtone en apprenant le
français.
- Organismes non identifiés lors du premier état des lieux :
le secteur de la cohésion sociale a relevé l’existence d’une
série d’organismes qui mènent une action en alphabéti-
sation et qui n’étaient pas renseignés dans l’édition pré-
cédente : Partenariat D+, Ixelles Jeunes, Bled de Kur-
ghem… En éducation permanente, une meilleure connaissance du projet des associations a permis d’iden-
tifier des actions d’alphabétisation non recensées dans
l’édition précédente : Télé Service Flémalle.
Lire et Ecrire Charleroi a signalé une série d’opérateurs
actifs dans le FLE débutant, organismes qui ne partici-
pent pas nécessairement tous à l’enquête de Lire et
Ecrire, mais sont bien actifs sur le terrain, à échelle
locale dans des maisons de quartier.
Lire et Ecrire a signalé des antennes locales d’organismes
qui n’avaient pas été identifiées par les administrations
dans l’état des lieux précédent, mais dont les sources de
subventionnement ont pu être vérifiées pour cette édi-
tion : par exemple, les antennes locales de formation de
Vie féminine à Bruxelles ou le Figuier
La prise en compte de nouveaux pans de l’action suite à
l’affinement des critères de sélection des organismes
d’alphabétisation : l’enseignement de promotion sociale
a estimé pertinent de prendre en compte les sections de
formation de base ainsi que les unités de formation per-
mettant la délivrance du CEB.
Lorsqu’il était possible de le mentionner et que l’informa-
tion semblait pertinente, le type de lieux où a lieu la forma-
tion est indiqué. Voici à titre d’exemple :
Lire et Ecrire Brabant wallon organise ses formations dans
une bibliothèque à Rixensart ou le Miroir vagabond qui
choisit délibérément d’organiser ses formations dans le
cadre de bibliothèques.
Les organismes par région
Un décompte permet d’identifier 154 lieux d’implantation
actifs en 2005-2006 en Région bruxelloise :
- 124 antennes fonctionnant de manière continue depuis
2004
- 30 « nouvelles » antennes
- tation ont arrêté leurs activités alpha.
Le même décompte permet d’identifier 279 lieux d’im-
plantation en Région wallonne :
- 208 lieux menant leur action d’alphabétisation de
manière stable
- 72 « nouvelles » antennes
Par rapport à l’état des lieux précédent, 56 lieux d’implan-
tation ont cessé leur action d’alphabétisation.
Les organismes par secteur
Le décompte par secteur permet d’identifier :
-
Enseignement de promotion sociale : 67 lieux d’im-
plantation qui correspondent à 66 écoles (16 écoles et
17 lieux d’implantation en Région bruxelloise et 40 en
Région wallonne)
Education permanente : 127 lieux d’implantation pour
53 opérateurs actifs (38 implantations à Bruxelles et 89
en Wallonie)
Cohésion sociale COCOF : 92 lieux d’implantation
Formation professionnelle (ISP COCOF) : 12 lieux
d’implantation pour 9 organismes
Bruxelles Formation : 21 lieux d’implantation pour12
organismes subventionnés
Action sociale (Région wallonne) : 63 lieux d’implanta-
tion pour les années 2005 et 2006 dont 49 organismes
subventionnés en 2005 et 47 organismes en 2006. 27
d’entre eux bénéficient à la fois d’au moins, une subven-
tion et en 2005 et en 2006.
Formation professionnelle (ISP Région wallonne) : 79
lieux d’implantation pour 23 organismes
Forem Conseil : 62 lieux d’implantation
-
-
-
-
-
-
- Champs d’activités hors alpha
Le Comité de pilotage s’est basé sur les informations que ses
membres pouvaient obtenir.
Ces données bien que partielles permettent quelques
constats :
-
l’importante corrélation entre les organismes d’alphabé-
tisation et les écoles de devoirs : 62 organismes sont
reconnus comme écoles de devoirs, lieux de prise en
charge des enfants et de détection idéal de l’analphabé-
tisme des parents. Cette approche de l’alphabétisation
par le biais des enfants est une donnée intéressante pour
développer une stratégie d’alphabétisation familiale.
la présence et la diversité des opérateurs culturels : les
bibliothèques, les centres culturels sont représentés de
même que quelques organismes de jeunesse et des cen-
tres d’expression et de créativité. Ces institutions peu-
vent simplement être le lieu d’accueil des cours, mais ces
organismes peuvent aussi être opérateurs eux-mêmes.
-
Il est enfin d’autres organismes, dont la dénomination indi-
que qu’ils relèvent, probablement, des domaines de la santé
ou du logement. Il s’agit par exemple de Gama Santé, d’Ha-
bitat et Rénovation, de l’Union des locataires du quartier
Nord. La confirmation de cette appartenance impliquerait
la mise en place d’un dispositif de recensement plus large, ce
que le Comité de pilotage n’est pas en mesure de réaliser
pour le moment.
Conclusion
Les quelques éléments d’analyse fournis dans ce chapitre
montrent combien une photographie complète de l’alpha-
bétisation et du FLE est complexe. Une étude complète
du secteur devrait s’appuyer sur une enquête harmonisée et adopter une approche multifactorielle, envisageant le secteur
selon plusieurs angles. Ceci implique la mise en place de
moyens pour une collecte systématique des données et un
système de monitoring du secteur de l’alphabétisation.
2.1.3. CARTOGRAPHIE DES LIEUX DE FORMATION D’APPRENANT-E-S
Afin de visualiser les données reprises dans les tableaux,
une cartographie a été réalisée permettant de mettre en
perspective les données collectées. Les coordonnées des
lieux d’implantation des formations qui ont servi de base à
l’établissement des cartes sont reprises en annexe. Il s’agit
des localisations des lieux de cours qui ne coïncident par
nécessairement avec le siège des organismes de formation.
Un même organisme peut avoir plusieurs lieux d’implanta-
tion dans différentes communes.
Outre le découpage de la Communauté française en arron-
dissements, on trouve ci-dessous les cartes suivantes concer-
nant l’offre d’alphabétisation par commune :
-
localisation des formations d’apprenant-e-s sur fond de
zones urbaines, semi-urbaines et rurales
localisation des formations d’apprenant-e-s sur fond de
zones de densité de population
localisation des formations d’apprenant-e-s sur fond de
zones de revenu médian
localisation des formations d’apprenant-e-s sur fond de
zones de taux de chômage
-
-
- 2.1.4 TABLEAUX DES DONNÉES RECENSÉES PAR LIRE ET ECRIRE
Récapitulatif des organismes ayant participé à l’enquête
2006 / 2005-06
Les données de l’enquête ont été récoltées, exceptionnelle-
ment, en deux temps : en octobre 2006, puis en février
2007, si bien que certaines réponses concernent l’année
sociale 2005-06, d’autres (notamment toutes celles des Lire
et Ecrire) l’année civile 2006.
143 organismes ont participé à cette enquête :
119 associations d’initiative privée (asbl- ou assoc.
de fait)
dont - les 3 coordinations L&E Communauté fran-
çaise / L&E Wallonie / L&E Bruxelles
- les 8 régionales wallonnes de L&E
- les 6 locales de L&E Bruxelles
- 102 autres associations
19 services ou organismes à l’initiative d’un pou-
voir public (généralement communal)
NB: il peut s’agir d’associations, mais créées à l’ini-
tiative d’un organisme (para)public
5 écoles de promotion sociale
NB : L’enquête de L&E n’a pas pour ambition de
recenser les formations en prom. soc.
Seuls sont repris ici les établissements avec lesquels L&E
entretient un partenariat régulier, et qui ont fourni une
réponse à propos des actions et du public concernés (et
non pour l’ensemble de leur activité).
2.1.4 TABLEAUX DES DONNÉES RECENSÉES PAR LIRE ET ECRIRE
Récapitulatif des organismes ayant participé à l’enquête
2006 / 2005-06
Les données de l’enquête ont été récoltées, exceptionnelle-
ment, en deux temps : en octobre 2006, puis en février
2007, si bien que certaines réponses concernent l’année
sociale 2005-06, d’autres (notamment toutes celles des Lire
et Ecrire) l’année civile 2006.
143 organismes ont participé à cette enquête :
119 associations d’initiative privée (asbl- ou assoc.
de fait)
dont - les 3 coordinations L&E Communauté fran-
çaise / L&E Wallonie / L&E Bruxelles
- les 8 régionales wallonnes de L&E
- les 6 locales de L&E Bruxelles
- 102 autres associations
19 services ou organismes à l’initiative d’un pou-
voir public (généralement communal)
NB: il peut s’agir d’associations, mais créées à l’ini-
tiative d’un organisme (para)public
5 écoles de promotion sociale
NB : L’enquête de L&E n’a pas pour ambition de
recenser les formations en prom. soc.
Seuls sont repris ici les établissements avec lesquels L&E
entretient un partenariat régulier, et qui ont fourni une
réponse à propos des actions et du public concernés (et
non pour l’ensemble de leur activité).
La liste des opérateurs est donnée ci-après avec les indica-
tions suivantes :
- le nombre d’apprenant-e-s en 2006 / 2005-06 (ainsi
que les deux années précédentes),
- le nombre de membres du personnel (rémunérés et
bénévoles), ainsi que le temps de travail des rémunérés
- le type d’organisme et son objet principal, tel que
déclaré par l’opérateur.
Nous mentionnons également si les opérateurs organisent
une école de devoirs (colonne “EDD”).
Sont également repris les opérateurs connus comme organi-
sant ou ayant organisé des formations du secteur de l’alpha,
mais dont les données n’ont pas été reçues (= mention “Oui”
en italiques, dans la colonne “Alpha sans données”).
Pour ces opérateurs, le domaine principal d’activité et l’or-
ganisation éventuelle d’une EDD sont indiqués entre paren-
thèses.
2.1.5 ANALYSE SYNTHÉTIQUE DES PRINCIPAUX RÉSULTATS STATISTIQUES
DE L’ENQUÊTE DE LIRE ET ECRIRE
AVANT-PROPOS
143 organismes ont participé cette année à l’enquête réalisée
par Lire et Ecrire, soit près d’une vingtaine de moins que
l’année précédente (162). C’est ce qui explique la diminution
apparente du nombre d’apprenants, qui passe de
16.001 à 14.739, alors qu’en reportant seulement les données
de l’an dernier pour les organismes non répondants, on
observerait au contraire une croissance de près d’un millier
d’apprenants.
Ce taux de réponse en ‘dents de scie’ (le graphique ci-dessous
reflète le même phénomène pour 2003-04) porte à
penser que le secteur de l’alphabétisation éprouve une certaine
difficulté à se mobiliser chaque année pour réaliser
l’enquête.
Le projet, actuellement à l’étude au sein du Comité de
pilotage pour l’alphabétisation, d’harmoniser le questionnement
adressé aux opérateurs (par les différentes administrations,
ainsi que par Lire et Ecrire pour son enquête) et d’offrir
la possibilité d’y répondre via une base de données,
pourrait à terme faciliter la constitution, la récolte et le
traitement de ces données.
Par ailleurs, il est envisagé de diminuer la fréquence de
l’enquête globale – les données n’évoluant de fait pas si
rapidement – en alternant un an sur deux enquête exhaustive
et analyse de questions plus spécifiques.
Nous disposerions ainsi d’approches qualitatives plus fines
que ne le permet l’examen des données statistiques globales
présentées ici, tout en conservant une vision d’ensemble
de l’évolution du secteur, ces deux approches ayant une
égale pertinence pour (ré)orienter judicieusement les pratiques
et les politiques.
1. CADRE GÉNÉRAL
Les données de cette enquête ont été récoltées, exceptionnellement,
en deux temps : en octobre 2006, puis en février
2007, si bien que certaines réponses concernent l’année
sociale 2005-06, d’autres l’année civile 2006.1 Par contre
tout le personnel recensé, rémunéré ou bénévole, est celui
qui était en activité au 30 septembre 2006.
Sur les 143 répondants, on compte 77 organismes bruxellois2,
64 en Région wallonne, et 2 dont l’aire d’action est la
Communauté française, à savoir Lire et Ecrire communau- taire et l’ADEPPI, qui intervient dans les prisons de Bruxelles
et de Wallonie.
Sur la période de référence, ils avaient assuré la formation de
14.739 apprenants : 6.639 à Bruxelles (45%), 7.438 en
Wallonie (50,5%) et 662 qui suivaient leur formation
auprès de l’ADEPPI (4,5%).
Que la diminution relative du nombre d’apprenants soit
non pas réelle mais apparente, due au moindre taux de
réponse déjà mentionné, est également illustré par le fait
que, cette année encore, plusieurs milliers de candidats aux
formations ont dû être « refusés » (au moins 2.616 à
Bruxelles et 1.208 en Wallonie, ceci au minimum car le
nombre de refus n’est pas toujours enregistré).
Pour une large part, c’est faute de places disponibles que ces
personnes n’ont pu être accueillies : « groupes complets »
est un motif de refus déclaré par près de la moitié des opérateurs
bruxellois, et par les trois-quarts des opérateurs wallons.
Mais il faut souligner qu’ils invoquent avec une égale fréquence
le niveau de formation antérieure trop élevé des
candidats, ce qui signifie que le secteur de l’alpha continue
de recevoir des demandes de formations qui seraient plus
adéquatement rencontrées ailleurs – demandes de français
langue étrangère (FLE) de la part de personnes déjà bien
scolarisées dans leur langue, ou demandes de formations de
base de personnes qui se voient refoulées vers l’alpha parce
que le seuil d’accès aux formations professionnelles est souvent
trop élevé.
L’offre de formations de base et de FLE s’est cependant
bien étoffée ces dernières années (en particulier pour le
FLE dans l’enseignement de Promotion sociale), et les pratiques
de réorientation, plus aisées, se multiplient.3
Ces pratiques de réorientation, tout comme, on le verra
plus loin, le niveau de scolarité antérieure des apprenants,
témoignent que les opérateurs du secteur ont poursuivi
leur effort pour se recentrer sur ce qui est par définition leur
public-cible : les adultes les plus démunis quant à la maitrise
des savoirs de base et les moins familiarisés avec l’écrit.
2. LE ‘SECTEUR DE L’ALPHA’ – OPÉRATEURS ET CHAMPS
D’ACTIVITÉS
Bien qu’elles visent par définition les adultes qui ne maîtrisent
pas l’écrit et les connaissances de base, les actions du
secteur de l’alpha débordent en fait l’alphabétisation au
sens strict.
Le questionnaire adressé aux opérateurs distingue ainsi les
trois catégories suivantes :
- Alphabétisation proprement dite ( = apprendre à parler,
lire, écrire, calculer, …) pour des adultes francophones
ou non, n’ayant jamais été scolarisés ou n’ayant acquis
aucun diplôme scolaire ni en Belgique, ni à l’étranger.
- Formation de base ( = poursuivre sa formation en lecture,
écriture et calcul) pour des adultes sachant parler français
et dont le diplôme scolaire le plus élevé est le CEB
voire le CESI (ou leurs équivalents) ;
- Français langue étrangère ( = apprendre à parler et écrire
en français) pour des adultes maîtrisant l’écrit dans leur
langue maternelle.
Les deux derniers types de formation (et leur public) ne sont
toutefois pris en compte dans le cadre de cette enquête que
pour autant qu’ils soient réalisés par des opérateurs organisant
au moins un module d’alphabétisation au sens strict.
Les organismes participant à l’enquête sont majoritairement
des associations, mais pas exclusivement : on compte
aussi des CPAS ou d’autres services créés à l’initiative de
pouvoirs publics (centres pour réfugiés, foyers culturels, bibliothèques publiques, maisons de quartier, etc.), ainsi
que certaines écoles de Promotion sociale4. Sur les 143 opérateurs
concernés, on dénombre 119 associations d’initiative
privée5, 19 organismes d’initiative publique ou parapublique
et 5 écoles de Promotion sociale.
Une minorité des opérateurs se consacrent exclusivement à
l’alphabétisation et/ou à des tâches connexes (centre de ressources,
formation de formateurs, sensibilisation, publications,
production d’outils, etc.)6.
Pour les autres, l’alphabétisation ne constitue généralement
qu’un des pôles de leur activité.
Interrogés sur leur orientation principale, le domaine d’action
qui résume le mieux leur objet social ou leur projet 7,
seuls 20% des organismes déclarent en effet que c’est avant
tout l’alphabétisation. Pour 22%, c’est l’éducation permanente
des adultes. Viennent ensuite l’action sociale (11%), le
développement communautaire (10%), l’insertion socioprofessionnelle
et l’emploi (9%). D’autres mentionnent l’accueil
et l’intégration des populations étrangères, l’accueil des réfugiés,
l’aide à la jeunesse, le soutien scolaire, ou encore l’enseignement
(pour les écoles de Promotion sociale), etc.
A noter que sur l’ensemble des opérateurs, plus du tiers (49)
organisent une école de devoirs ; cette pratique est plus fréquente
à Bruxelles (44% des opérateurs) qu’en Wallonie (23%).
Ajoutons encore qu’il est rare que les associations travaillent
seules ; elles agissent très généralement en partenariat avec
d’autres associations, ou avec des organismes et services tels
que les Offices de l’emploi et de la formation, les Ecoles de
Promotion sociale, les CPAS, les régies de quartier, les prisons,
etc.
Cette pratique est particulièrement illustrée par Lire et
Ecrire Namur (partenariat structurel avec 4 opérateurs
importants de la région), par Lire et Ecrire Bruxelles, qui
met en oeuvre le Plan pour l’alphabétisation (PBA) en collaboration
avec une trentaine d’opérateurs de la Région8, et
par la création en Wallonie de « Dispositifs territoriaux
pour le droit à l’alphabétisation et la prise en compte des personnes illettrées », 9 plateformes sous-régionales constituées
des partenaires issus de secteurs différents.9
Les opérateurs dispensent également souvent les cours dans
des lieux autres que leurs propres locaux : bibliothèques,
centres culturels, maisons de quartier, CPAS, écoles, cités
sociales, etc.
Ceci peut s’avérer intéressant non seulement pour des raisons
de coût et de proximité avec le public, mais aussi pour
le rayonnement des activités : les lieux d’alpha sont ainsi
plus visibles, plus accessibles, l’activité est valorisée par la
structure d’accueil (bibliothèques, centres culturels, écoles,...)
et les synergies avec l’organisme accueillant sont facilitées,
tant pour l’opérateur de formation que pour les
apprenants.
3. LES APPRENANTES ET APPRENANTS 10
Genre
Les femmes représentaient 65% de l’ensemble des apprenants
– ou plus justement 67%, si l’on ne tient pas compte
ici du public de l’ADEPPI, qui à l’instar de la population carcérale
est essentiellement masculin (94% des 662 apprenants
de l’ADEPPI sont des hommes).
La sur-représentation des femmes, plus forte à Bruxelles
(71%) qu’en Wallonie (64%), pourrait sembler de prime
abord liée au fait que de nombreux opérateurs bruxellois
(plus de la moitié !) comptent exclusivement des apprenantes
femmes, alors que de tels opérateurs sont rares en Wallonie
(5 en tout, tous basés à Liège).
Toutefois, même en ne considérant que le public des opérateurs
« mixtes » (c’est-à-dire en retranchant le nombre de
femmes auprès d’opérateurs « seulement femmes »), les
apprenantes restent majoritaires, en Wallonie et à Bruxelles,
comme le montre le petit tableau ci-dessous.
Or ces proportions Femmes / Hommes ne sont pas des
moyennes uniformisant des situations contrastées : il est
effectivement exceptionnel que les apprenants masculins
constituent plus de la moitié des apprenants au sein d’un
même organisme (6 cas, en dehors de l’ADEPPI). Il n’y a pas
non plus (faut-il le préciser ?) d’opérateur accueillant uniquement
un public masculin.
Ces simples observations ne permettent évidemment
aucune hypothèse quant aux raisons de la moindre participation
des hommes dans les formations du secteur. Mais
elles invitent à analyser plus finement ce phénomène et à
chercher les moyens de rencontrer plus adéquatement le
public masculin, qui n’est pas mieux loti que les femmes
quant à la maitrise de l’écrit et des connaissances de base.
Un mot encore pour clôturer cette section consacrée au
genre. La présence massive d’opérateurs « exclusivement
femmes » à Bruxelles, et le fait qu’on en trouve très peu en
Wallonie, si ce n’est dans des quartiers à forte densité de
population d’origine étrangère, laisse penser qu’il s’agit là
d’une adéquation – peut-être excessive ? – à un public
pour lequel la mixité n’est pas la norme.
Ce n’est en tout cas pas l’effet d’un recrutement spécifique
du public ‘femmes’ par des opérateurs traditionnellement
féminins. On soulignera à cet égard que des organismes
tels que Vie féminine à Namur, ou à Verviers le Centre Femmes
et les Femmes prévoyantes, comptent bon nombre d’apprenants
masculins.
Age
Au total pour Bruxelles et la Wallonie (hormis l’ADEPPI)11,
un peu plus des 2/3 des apprenants ont entre 26 et 50 ans,
les moins de 25 ans constituent 18% du public, les plus de
50 ans 13%. Ces proportions sont fort similaires dans les
deux Régions, et tant pour le public de L & E que celui
des autres opérateurs. Elles varient également peu d’une
année à l’autre.
Nationalité
Globalement, 76% des apprenants sont de nationalité
étrangère, proportion qui a peu varié depuis le début des
années 90.
Plusieurs observations peuvent cependant être faites à cet
égard.
La première est que les Régions diffèrent sur ce plan : la proportion
d’apprenants étrangers est moindre en Wallonie (70%)
qu’à Bruxelles (84%), Région où la population étrangère est
globalement nettement plus importante qu’en Wallonie12.
Le public de l’Adeppi est quant à lui habituellement constitué
d’environ 45% d’apprenants belges pour 55% d’étrangers.
La seconde observation quant à la répartition Belges /
Etrangers est qu’une large part des apprenants belges sont
des allochtones ayant acquis la nationalité13. Dans leur
réponse au questionnaire, les opérateurs signalent d’ailleurs
fréquemment, à côté de la mention « Belge », la nationalité
d’origine des apprenants.14
Ceci pose d’une manière cruciale la question d’une offre de
cours accessible au public belge ‘de souche’ : la composition
habituelle des groupes du secteur de l’alpha confirme en
effet souvent ces personnes dans l’impression que cette offre
ne leur est pas adressée, et que pour ainsi dire, « l’alphabétisation,
c’est pour les étrangers ».
De fait, les opérateurs qui accueillent des apprenants ‘belges
de souche’ ont souvent attiré ce public par un recrutement
spécifique ou des campagnes de sensibilisation ciblées.
Le groupe verviétois Osons en parler, un groupe d’apprenants
qui ont été à l’école en Belgique, mais y ont connu
l’échec et en sont sortis illettrés, a été pionnier dans le travail
de sensibilisation et d’accompagnement vers l’alpha de personnes
ayant vécu des expériences similaires. D’autres initiatives
du même type ont vu le jour depuis.15 On peut attendre
que ces démarches, jointes à l’important travail de sensibilisation
mené actuellement par Lire et Ecrire auprès
d’organismes-relais16, contribueront à constituer un public
plus mixte sous l’angle allochtones / autochtones.
Une troisième observation est que le secteur de l’alpha
accueille un très large éventail de nationalités. A côté de celles
traditionnellement présentes dans les lieux d’alpha, en
lien avec les politiques déjà anciennes d’immigration de
main d’oeuvre (Maghreb, Turquie), on rencontre actuellement
des groupes importants issus d’autres régions du
monde.
Comme le montre le graphique ci-après, la situation est à cet
égard assez différente à Bruxelles et en Wallonie. Dans cette
dernière Région, elle fluctue également plus rapidement.
Ainsi, du début de la décennie jusqu’à l’enquête 2003-04,
les personnes originaires des pays de l’ex ‘bloc de l’est’ représentaient
en Wallonie le groupe le plus important. Il s’est
progressivement amenuisé, probablement du fait de la
réorientation de ces apprenants, qui étaient généralement
bien scolarisés, vers d’autres opérateurs de formation – mais
aussi (ce sont les aléas des statistiques) parce que les nationaux
des nouveaux pays membres de l’UE17 se retrouvent
maintenant dans une autre catégorie… Ou pour encore
d’autres raisons, dont l’éclaircissement réclamerait de comparer
les flux migratoires.
Si les apprenants originaires de l’Europe centrale et de l’est
restent proportionnellement bien plus nombreux en Wallonie
qu’à Bruxelles, de même que ceux venus des Balkans et des
‘nouveaux pays UE’, les apprenants originaires du Maghreb ont
cependant repris la ‘première place’ (20%) qu’ils avaient longtemps
eue, suivis de près par ceux originaires de Turquie (16%).
A Bruxelles, les apprenants originaires du Maghreb étaient
et restent de loin les plus nombreux (48% des apprenants
étrangers), le second groupe étant constitué de personnes
venant d’autres pays d’Afrique (18%). Aucun des autres
groupes ne dépasse les 7% (ce qui est la proportion des
apprenants originaires de Turquie).
On soulignera par ailleurs que 19% des apprenants étrangers
sont des réfugiés ou des demandeurs d’asile (22% en
Wallonie, 16% à Bruxelles). Cette proportion, qui fluctue
au gré de la situation géopolitique et des politiques belges en
matière de gestion des flux migratoires, est cette année,
comme l’an dernier, en légère baisse.
L’accueil des demandeurs d’asile, candidats réfugiés, sans
papiers, etc. dans les formations est une question à la fois
trop complexe et trop cruciale au plan éthique pour qu’on
puisse en dire autre chose, dans le cadre restreint de la présente
étude, que la simple mention de leur présence, relativement
importante, parmi les apprenants.
Statut des apprenants (selon la source de leurs revenus)
NOTE MÉTHODOLOGIQUE
Les catégories de statut utilisées dans l’enquête sont conçues
pour être ‘mutuellement exclusives’, ce qui nécessite des
subdivisions ordonnées qui ne sont pas forcément perceptibles
dans un commentaire portant sur la fréquence des différents
statuts.
Nous reproduisons donc pour information ces catégories
telles qu’elles se présentent dans l’enquête.
La vaste catégorie « Sans revenus personnels » regroupe
ceux et celles qui ne disposent pas personnellement d’un
revenu officiel, qu’il soit lié à leur activité ou au fait d’être
titulaire d’un droit à une indemnité ou allocation. Au sein de
cette sous-catégorie on distingue les demandeurs d’emploi
(non indemnisés donc) et les non demandeurs d’emploi,
sous-groupe qui comporte à son tour les femmes (ou hommes)
‘au foyer’, les étudiants ou jeunes à charge de leur
famille, les demandeurs d’asile en 1ère phase18, les ‘sans
papiers’, ainsi que les détenus.
Les deux catégories de loin les plus importantes sont d’une
part les personnes qui ne disposent pas de revenus officiels
de leurs propre chef (45% de l’ensemble du public), d’autre
part les personnes aidées par les CPAS (26%).
Même si les proportions varient, l’ordre d’importance des
différentes catégories se retrouve à l’identique dans les deux
Régions (Sans revenus personnels / Revenu du CPAS /
Chômage / Travail / etc.).
Ces données confirment le sentiment fréquemment exprimé
par les formateurs, à savoir qu’ils travaillent de plus en plus
souvent avec des personnes submergées par les difficultés de
leur vie quotidienne. C’est une des raisons pour laquelle les
acteurs de l’alphabétisation s’impliquent fréquemment dans
des actions et des revendications d’ordre politique, qui
concernent le droit des personnes à des conditions de vie
dignes, le droit au travail, au logement, à la santé,… et
bien sûr le droit de se former.
C’est aussi parce qu’il est impossible – et en tout cas pas
souhaitable – de ne pas prendre en compte cette dimension
de conditions d’existence précaires ou difficiles que l’alphabétisation
telle qu’elle est organisée par le secteur associatif
n’est quasi jamais une offre de ‘cours secs’, mais qu’elle est
intégrée à d’autres activités ou à d’autres services. En sorte
que les participants trouvent un soutien et des outils pour
chercher une issue à leurs difficultés dans le lieu même de
leur formation, ou dans des organismes proches vers lesquels
ils sont orientés.
PROPORTION D’APPRENANT-E-S AYANT UN TRAVAIL
La catégorie des apprenants qui travaillent (ou du moins qui
ont un travail officiel) s’était amenuisée tout au long de la
décennie précédente, passant de 16% en 1990 à 7% en
2000.
Cette proportion varie peu depuis lors (tantôt 7, tantôt
8%) et est très similaire dans les deux Régions. L’attention
particulière portée ces dernières années à l’accueil de ce
public et les contacts pris avec le monde du travail (entreprises,
secteur public, syndicats) n’ont donc pas encore
engrangé de résultats globalement significatifs.
Il y a donc lieu de poursuivre l’effort pour organiser des formations
dans des plages horaires compatibles pour les
apprenants au travail d’une part, d’autre part pour développer
les projets en partenariat avec le monde du travail.
En comparaison des autres opérateurs, les Lire et Ecrire
comptent une proportion plus forte d’apprenants qui travaillent.
Elle ne dépasse toutefois pas 10% pour l’ensemble de L&E
Bruxelles, 9% pour l’ensemble des régionales L&E wallonnes.
L’ABSENCE DE DONNÉES PAR GENRE
Il serait évidemment intéressant de disposer de la distinction
Femmes / Hommes pour l’ensemble des données de l’enquête,
mais c’est tout particulièrement pour l’analyse du statut
socio-professionnel/socio-économique que le manque de
cette information fait défaut. Et non seulement pour l’analyse,
mais pour ce qu’on peut en retirer comme pistes pour
l’action.
Pour ne citer parmi tant d’autres qu’un seul exemple, dans
la poursuite du paragraphe précédent, connaître le sexe des
apprenant-e-s qui travaillent serait un indice précieux pour
améliorer le recrutement de personnes ayant un emploi.
Car si l’on y trouvait plus d’hommes que de femmes, ce qui
serait très atypique on l’a vu, peut-être devrait-on en déduire
que l’offre de cours du soir, souvent considérée comme le
moyen de rendre les formations plus accessibles à ce public,
a moins de pertinence en ce qui concerne les femmes, traditionnellement
plus entravées par les questions de garde
d’enfants. Et par suite imaginer d’autres formules…
Niveau de scolarité antérieur
Dans l’ensemble, plus de la moitié du public (56%) n’a
pas l’équivalent du Certificat d’Etudes de Base (le CEB, le
« diplôme de primaire »).
En y ajoutant les 19% qui possédaient au mieux ce certificat,
les 3/4 du public accueilli au cours de l’année 2006 /
2005-06 n’avaient pas dépassé le CEB.
Si la majorité des apprenant-e-s avaient donc bien un niveau
de scolarisation en rapport avec la finalité première du secteur,
le fait qu’un quart du public ait au moins un niveau de
diplôme CESI (secondaire inférieur) appelle quelques explications.
Du milieu des années 90 jusqu’en 2001, on avait de fait
assisté à une hausse constante du niveau de scolarité des
apprenants. Une inversion de cette tendance s’est alors
amorcée, qui se confirme encore l’an dernier, puisque l’enquête
précédente, 2004-05, recensait proportionnellement
moins de « sans diplôme » (48%) et plus de détenteurs du
CESI (31%).
Cette évolution témoigne que les acteurs du secteur de l’alpha
ont pris conscience d’une certaine dérive et se sont
recentrés sur l’accueil des adultes les moins scolarisés. Mais
ce recentrage n’aurait pas été possible sans le développement
parallèle d’une offre de formation pouvant accueillir les
apprenants qui s’adressaient au secteur de l’alpha faute de
trouver place ailleurs.
L’ouverture d’un nombre important de places en FLE dans
l’enseignement de Promotion sociale ces dernières années a
en effet permis d’y orienter davantage les personnes dotées
d’un bagage scolaire suffisant pour suivre ce type d’enseignement.
Par ailleurs, la présence dans le secteur de l’alpha d’apprenants
qui ont obtenu un diplôme relativement élevé reflète
l’élévation des prérequis exigés pour pouvoir entamer ou
poursuivre d’autres formations continuées, y compris les
formations professionnelles aux métiers les plus ‘manuels’.
Elle reflète aussi que de nombreuses personnes pourtant
détentrices d’un CESI, et à fortiori d’un CEB, ne maîtrisent
pas les compétences de base et se trouvent démunies pour
utiliser l’écrit dans leur vie quotidienne.
C’est néanmoins un enjeu crucial que les opérateurs d’alphabétisation
maintiennent leur objectif premier d’accueillir
le public qui n’est pas ou très peu scolarisé. Vu que l’offre
reste réduite19, le danger est en effet qu’un public chasse
l’autre, au détriment de ceux qui rencontrent le plus de
difficultés.
Le graphique suivant montre que le niveau de scolarité
antérieure des apprenants est assez différent dans les deux
Régions.
A Bruxelles, 83% des apprenants ont au mieux le CEB, et
parmi ceux-ci, la grande majorité n’a pas suivi de réelle scolarité
ou n’a obtenu aucun diplôme (70% du public total).
En Wallonie, 45% du public ne dispose d’aucun diplôme,
et les trois autres catégories représentent quasi le double
de leur proportion à Bruxelles.
Durée et moment de la formation
NOMBRE D’HEURES DE FORMATION SUIVIES PAR SEMAINE
Globalement, la moitié des apprenants (51%) suivaient un
horaire relativement léger, de 4 à 8 h. par semaine, ce qui est
quasi la même proportion que l’an dernier.
La proportion suivant moins de 4 heures/semaine s’amenuise
par contre, passant de 10% à 7%, mais avec une
situation très contrastée à cet égard entre les deux régions :
à Bruxelles, c’était le cas de 78 apprenants, soit à peine plus
de 1%, tandis que 12% des apprenants en Wallonie suivent
un horaire aussi léger.
Le temps que les apprenants consacrent à leur formation est
évidemment affaire de choix et de disponibilités personnelles
– encore faut-il qu’ils puissent exercer librement ce choix
et qu’il existe donc une offre diversifiée.
A cet égard, on notera une diminution du nombre d’opérateurs
offrant uniquement moins de 4h de cours/semaine –
une durée que Lire et Ecrire estime généralement insuffisante
pour le type de formation concernée. On ne comptait
plus que 7 opérateurs avec une offre aussi réduite (1 à
Bruxelles, 6 en Wallonie).
MOMENT DE LA FORMATION (COURS DE JOUR / EN SOIRÉE)
Globalement, 89% des apprenants suivaient les cours en
journée, 10% en soirée, et 1% à la fois le jour et le soir.20
La participation en soirée est évidemment liée à l’importance
de l’offre de cours du soir, et il est clair que ceux-ci
sont plus difficiles à organiser.
En dehors des zones urbaines, il est également moins aisé
pour les apprenants de rejoindre de tels cours.
Ceci peut expliquer qu’à Bruxelles, la proportion d’apprenants
participant aux cours en soirée soit nettement plus
importante qu’en Wallonie.
A Bruxelles, 25 organismes offraient des cours en soirée ;
18 en Wallonie.
L’offre de cours en soirée est nettement plus fréquente dans
les formations organisées par L & E.
L&E Bruxelles, qui y a consacré un effort particulier, organise
des cours du soir dans chacune de ses 6 locales. Cette
année, comme les deux précédentes, quasi la moitié des
apprenants des locales bruxelloises de L & E (485 sur
1.026) suivaient des cours en soirée.
Toutes les régionales de L&E Wallonie organisent également
des cours du soir, à l’exception de L&E Charleroi et
de L&E Namur (dont les partenaires directs offrent de tels
cours).
Contrats de formation
3.371 apprenant-e-s suivaient leur formation dans le cadre
d’un Contrat de formation (dit « F 70 bis ») leur permettant
de bénéficier de certains avantages (rétribution horaire,
remboursement des frais encourus, …), au même titre que
les autres demandeurs d’emploi en formation auprès du
Forem ou de Bruxelles-Formation.
Sous l’angle du genre, les femmes sont largement majoritaires
parmi les apprenants disposant d’un Contrat de formation,
et cela dans les deux Régions : 68% à Bruxelles, et
70% en Wallonie, soit une proportion similaire ou légèrement
supérieure à la proportion globale de femmes.
Bien que le nombre d’apprenants en Contrat de formation
soit en augmentation constante, ils ne représentent encore
que 24% des apprenants. A noter que le quart seulement
des opérateurs étaient en mesure d’offrir à leurs apprenants
la possibilité d’un Contrat de formation (c-à-d satisfaisaient
aux critères administratifs nécessaires, qui varient d’une
Région à l’autre).
Même s’il est imprudent de faire des comparaisons entre les
deux Régions en cette matière (en raison de la différence des
critères d’éligibilité, pour les opérateurs comme pour les
stagiaires), la situation semble à cet égard nettement plus
favorable en Wallonie qu’à Bruxelles, puisqu’en Wallonie
39% des apprenants ont un Contrat de formation, contre
7% à Bruxelles.
Ce qui se comprend aisément quand on sait qu’en Wallonie,
une trentaine d’opérateurs d’alpha sont reconnus comme
Organisme d’Insertion Socioprofessionnelle (OISP), pour
seulement 9 à Bruxelles.
Lire et Ecrire Bruxelles n’étant elle-même pas reconnue
comme OISP, elle n’a aucun apprenant en Contrat de formation,
tandis que plus de la moitié des apprenants des régionales
wallonnes de Lire et Ecrire disposaient d’un tel contrat.
Du côté des stagiaires, la condition sine qua non pour bénéficier
d’un Contrat « F 70 bis » est d’être inscrit comme
demandeur d’emploi (assortie d’autres conditions, telles que
le suivi d’un nombre minimum d’heures de formation).
Sous cet angle, une proportion nettement plus importante
d’apprenant-e-s en alpha seraient potentiellement éligibles à
bénéficier d’un tel Contrat.
En effet, en additionnant les chômeurs indemnisés (15% du
public), les demandeurs d’emploi non indemnisés (13%) et
les bénéficiaires d’un revenu octroyé par les CPAS (26%),
on atteint une proportion de 54% d’apprenants inscrits, ou
potentiellement inscrits21, comme demandeurs d’emploi.
L’encadrement
L’enquête 2006 / 2005-06 dénombre 1.232 personnes travaillant
dans le secteur de l’alpha, 712 rémunérés et 520
bénévoles, soit 42% de l’ensemble du personnel.
Il n’est pas pertinent de comparer en valeur absolue les
données de cette année et celle de l’an dernier, du fait que la
diminution apparente du personnel correspond en réalité au
moindre nombre d’opérateurs ayant répondu à l’enquête.
Bien qu’on observe le maintien d’une proportion plus élevée
de bénévoles en Wallonie (49%) qu’à Bruxelles (35%), c’est
la première fois que la part du personnel bénévole en Wallonie
passe en-dessous de la barre des 50%.
Pour mémoire, en 1990 on comptait 462 membres du personnel,
dont près des 2/3 étaient des bénévoles. Ils – et
elles – ont donc joué un rôle essentiel dans l’essor puis
dans le développement du secteur, compensant le peu d’attention
accordée au départ par les pouvoirs publics à la
prise en compte des personnes analphabètes.
Depuis la fin des années 90 jusqu’à l’année dernière, la
proportion globale de bénévoles s’était stabilisée autour
d’une petite moitié du personnel (ils représentaient encore
48% lors des deux enquêtes précédentes). La chute nette
enregistrée cette année mériterait qu’on l’étudie plus attentivement.
On notera que le Plan bruxellois pour l’alphabétisation
coordonné par Lire et Ecrire Bruxelles fonctionne exclusivement
avec du personnel rémunéré. Les associations L&E de
Wallonie comportent par contre une proportion de bénévoles
similaire à celles des autres opérateurs wallons.
Les proportions bénévoles/rémunérés évoquées jusqu’ici
sont calculées sur des nombres de personnes, et doivent
être affinées pour tenir compte du temps de travail effectivement
presté.
Selon ce critère, l’apport des bénévoles représente actuellement
environ 16% de l’ensemble du travail presté dans le
secteur (20% en Wallonie, 11% à Bruxelles).
Caractéristiques du personnel
A l’instar du public, le personnel est majoritairement féminin,
et dans une proportion encore plus importante : 76%
des rémunérés et 73% des bénévoles sont des femmes.
Notons que si cette proportion est assez constante pour les
bénévoles, la part des rémunérés masculins progresse régulièrement.
CARACTÉRISTIQUES DES RÉMUNÉRÉ-E-S :
- La majorité des rémunérés (58%) sont embauchés dans
le cadre des programmes de résorption du chômage
(maintenant harmonisés : ACS à Bruxelles et APE en
Wallonie), qui constituent de ce fait la plus importante
source de financement du secteur.
La proportion de personnel PRC est de 65% à Bruxelles,
52% en Wallonie.
Le personnel de Lire et Ecrire Bruxelles est constitué à
90% d’ACS, du fait que 90 postes ACS lui ont été
attribués spécifiquement pour le développement du
Plan bruxellois pour l’alphabétisation.
- La majorité (62%) des rémunérés sont formateurs. Toutefois,
le nombre de personnes ayant principalement
une fonction différente (accueil ou accompagnement
du public, gestion administrative, agent de sensibi-lisation,
…) a augmenté au fur et à mesure que le secteur se
développait et se professionnalisait et atteint des proportions
importantes.
- 55% des rémunérés travaillent à temps plein. Cette
proportion, plus importante à Bruxelles (63%) qu’en
Wallonie (48%), est en progression.
- Plus des 2/3 ont une formation initiale au moins de
niveau A1 : 41% sont diplômés du supérieur non universitaire
; 27% sont universitaires.
- Quant à leur formation initiale, 33% des rémunérés
ont au départ une formation de type pédagogique, 22%
de type psychologique ou sociale.
CARACTÉRISTIQUES DES BÉNÉVOLES :
- La majorité des bénévoles (83%) consacrent 2 à 6h par
semaine à l’alphabétisation ; 13% plus de 6 h. Il est
exceptionnel que les bénévoles prestent moins de
2h/semaine (17 personnes).
- 95% des bénévoles interviennent principalement
comme formateurs.
- 60% d’entre eux collaborent aux activités depuis plus de
deux ans, 27% depuis six mois à deux ans ; seuls 13%
étaient des nouveaux, prestant bénévolement depuis
moins de six mois dans l’organisme.
- La majorité des bénévoles sont des (pré)pensionnés
(56%) ; 16% travaillent par ailleurs ; 9% sont chômeurs.
24% des bénévoles ne travaillent pas par ailleurs
mais ne sont pas non plus demandeurs d’emploi
(personnes ‘au foyer’, étudiants,…).
- Leur niveau de formation initiale est légèrement supérieur
à celui des rémunérés22 : 82% ont au moins un
diplôme A1, 34% étant universitaires.
- Plus souvent que les rémunérés, les bénévoles avaient
suivi au départ une formation de type pédagogique
(46%).
Quant à la formation du personnel, soulignons que tant les
bénévoles que les rémunérés suivent régulièrement les
modules spécifiques de formation de formateurs, principalement
ceux organisés par les différentes ‘régionales’ de
Lire et Ecrire et par la coordination L & E communautaire
2.2 AUTRES ACTIVITÉS EN LIEN AVEC L’ALPHABÉTISATION
Les administrations ont relevé les organismes subventionnés
pour remplir d’autres missions que des formations et ce en
lien avec l’alphabétisation.
Ce que recouvre ces autres activités est très diversifié :
- service d’écrivains publics
- animation socioculturelle ou artistique
- sensibilisation d’agents relais
- coordination d’un réseau
- édition de publications pédagogiques et d’études
- accompagnement social
- centre de documentation
- …
Il s’agit d’activités connexes ou complémentaires, multiformes
indispensables qui touchent :
- soit directement les apprenant-e-s
- soit les personnes en contact avec ce public et travaillant
hors du champ de l’alphabétisation : agents-relais, personnels
d’institutions médicales, sociales, mutuelles,
partenaires sociaux…
- soit les formateur-trice-s en Alpha et en FLE
- soit le personnel administratif et directeur des organismes
d’alphabétisation
Le code de couleurs identique au tableau précédent a été
adopté :
- rouge pour les nouveaux organismes actifs dans ce
domaine ou réalisant ce type d’activités
- bleu pour les organismes qui n’ont plus réalisé ce type
d’activités en 2005-2006
- noir pour les organismes qui poursuivent ce type d’activités
depuis 2004
Plusieurs administrations ne soutiennent pas d’action en
dehors des formations d’alphabétisation. C’est le cas en
Région wallonne.
En Région bruxelloise, le secteur de la cohésion sociale
intervient pour soutenir des activités en complément des
formations, notamment ce qui touche à l’accompagnement
social, à l’aide juridique, à l’aide à la naturalisation. Des ateliers
citoyenneté sont organisés.
Bruxelles Formation intervient pour soutenir l’action de
coordination des plateformes pédagogiques de Lire et Ecrire
Bruxelles
La Direction de l’égalité des chances de la Communauté
française intervient à deux titres :
- pour soutenir la diffusion internet d’un journal, conçu
pour les personnes en difficulté face à la lecture. Il s’agit
de l’Essentiel, publié par la FUNOC
- pour soutenir des associations qui organisent des permanences
d’écrivains publics.

L’examen du tableau permet de voir qu’un seul opérateur,
l’Encre bleue est encore actif dans ce domaine alors qu’en
2004, la Direction de l’Egalité des chances apportait son
soutien financier aux antennes du PAC Liège (Présence et
Action culturelle) pour rendre ce même type de service.

L’éducation permanente soutient les trois plus importants
organismes d’alphabétisation pour mener des projets différents
de formations. En 2005 et 2006, Lire et Ecrire, le Collectif
Alpha et Alpha Mons Borinage bénéficient toujours
d’une convention pour développer des actions spécifiques
en dehors de leur soutien ordinaire.
Le Collectif Alpha de Saint Gilles dispose d’un centre de
documentation spécialisé, ouvert au public, qui mène à la
fois un travail de prêt, de bibliographie analytique, d’accueil
du public. Il est aussi un centre de diffusion et de rayonnement
de l’information.
Alpha Mons Borinage dispose d’une convention pour développer
la parlécriture, pédagogie basée sur l’expression qui
fait l’objet d’un volumineux tapuscrit et a donné lieu à la
réalisation d’un court métrage.

Lire et Ecrire enfin joue un rôle moteur sur plusieurs
plans :
- ensemblier, il coordonne, met les opérateurs en réseau et
suscite des initiatives en matière d’alphabétisation.
- via des campagnes, il sensibilise le grand public, les
décideurs politiques, mais aussi les professionnels d’autres
secteurs à la problématique de l’alphabétisation
- éditeur du journal de l’Alpha, il réalise des études et des
analyses (notamment l’enquête annuelle), mais aussi
des publications pédagogiques

Ces activités interviennent à la fois en aval et en amont des
formations et apparaissent indispensables comme action
complémentaire pour renforcer l’efficacité de la lutte
contre l’analphabétisme, mais aussi fournir une aide aux
personnes impliquées dans le processus à quelque titre
que ce soit.

Nous vous conseillons de commander le document source. Cet ouvrage "Etat des lieux de l'alphabétisation en Communauté française" est disponible en version papier sur simple demande (GRATUIT) auprès du secrétariat du comité de pilotage, Cellule Alpha, Michèle Minne, 44 boulevard Léopold II à 1080 Bruxelles(michele.minne(at)cfwb.

 

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